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Le PDG en mode fusion-absorption : vers un retour au parti unique ?

Depuis le 3 avril dernier où, à l’occasion d’une déclaration, le premier responsable du parti Démocratie Nouvelle, René Nedemezo’o Obiang, a annoncé une fusion-absorption avec le parti au pouvoir, d’autres partis et autres personnalités politiques emboîtent le pas. Une posture qui frise le retour au parti unique.

Mercredi 9 juin dernier, deux partis pourtant proches du parti au pouvoir, le Rassemblement de la Restauration des valeurs (RV) et les Sociaux-démocrates Gabonais (SDG), ont été reçus au Palais présidentiel par Ali Bongo. La possibilité d’une fusion-absorption avec le Parti démocratique gabonais (PDG) a été évoquée.

Deux mois avant, le 3 avril 2021, c’est Démocratie nouvelle. A la création, parti de l’opposition radicale qui a été parmi les soutiens de Jean Ping à la dernière présidentielle de 2016, puis devenu à l’opposition « républicaine », avait déjà amorcé le processus de fusion au sein du PDG. D’autres personnalités, à l’instar de Frédéric Massavala Maboumba, s’inscrivent dans cette logique. Pour sûr, on n’est pas à la fin de ce processus de fusion-absorption.

Dans un pays où la constitution consacre le multipartisme et la démocratie, il est fort à craindre qu’à ce rythme, le processus de démocratisation officiellement entamé à la conférence nationale de mars-avril 1990 soit remis en cause.

Il est vrai que c’est par la force des choses que le fondateur du Parti démocratique gabonais, Omar Bongo, avait accepté l’ouverture démocratique. Ce, après avoir déclaré officiellement qu’il n’y aura pas de démocratie au Gabon tant qu’il sera au pouvoir.

En acceptant, toutefois, le pluralisme, Omar Bongo avait estimé que le Gabon devait d’abord passer par un cadre laboratoire : le rassemblement social-démocrate gabonais qui devait rassembler, toutes les sensibilités politiques du pays. La nouvelle structure politique devait remplacer l’ancien parti unique.
Mais la proposition avait été battue en brèche par une opposition très en verve à l’époque. D’où, le retour au multipartisme forcé.

Junior Akoma 

 

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