En détention préventive depuis le 16 avril dernier, la situation d’Alain Claude Bilie By Nze suscite de vives inquiétudes au sein de sa famille biologique. Jusqu’à présent, celle-ci avait choisi de garder le silence par respect pour la justice. Le vendredi dernier, lors d’une déclaration à Akanda, au nord de Libreville, elle a exprimé son étonnement face à l’incarcération de son fils, père, frère et époux.
Après sa formation politique, Ensemble pour le Gabon, qui a récemment annoncé avoir sollicité l’assistance de cabinets internationaux, c’est au tour de la famille biologique d’Alain Claude Bilie By Nze de s’exprimer. Le 23 mai dernier, dans la commune d’Akanda, elle a rompu son silence, après 39 jours, pour respect de la justice.
Les membres de la famille ont fait part de leur surprise et de leur incompréhension concernant la détention prolongée de leur proche. D’autant plus que selon eux, « beaucoup ont cru que plus jamais un citoyen ne devrait vivre la peur, les humiliations, les arrestations arbitraires. Cet espoir appartient au peuple gabonais. Il ne doit pas mourir».
Dans sa déclaration, Simon Nkala, le frère aîné de l’ancien Premier ministre, a mis en avant l’importance de cette prise de parole. Soulignant qu’il ne s’agit ni d’un choix stratégique ni une posture, mais qu’« à un moment de l’histoire d’une Nation, le silence cesse d’être une vertu et devient une faute». Selon lui, le silence peut se transformer en complicité face à une dérive inquiétante du système politique et judiciaire.
La famille biologique du président d’Ensemble pour le Gabon a également exprimé sa surprise face à la réémergence d’une affaire vieille de dix-huit ans. Les accusations portées contre l’ancien Premier ministre remontent à 2008, ce qui soulève des questions sur le timing de cette résurgence. «Pourquoi maintenant ? Pourquoi dans ce contexte particulier, marqué par une parole critique assumée de l’intéressé sur la conduite des affaires publiques ?»
De plus, Simon Nkala a rappelé les circonstances préoccupantes entourant l’interpellation de leur parent, marquées par l’intervention « d’individus masqués, un véhicule bloquant la route, la confiscation d’effets personnels, et une identification policière » qui a eu lieu ultérieurement. Ces éléments, a-t-il souligné, sont en totale contradiction avec les principes d’un État de droit.
L’indignation s’est également manifestée à travers les propos du président du Syndicat national des magistrats du Gabon, qui a exprimé son inquiétude face à l’arrestation de l’ancien responsable de l’administration gabonaise. «Si même la parole de ceux qui défendent le droit devient source d’inquiétude, alors c’est tout notre édifice judiciaire qui vacille.».
La famille d’Alain Caude Bilie By Nze a pris la parole non pas en tant que militants ou membres d’un parti, mais en tant que proches : père, mère, frères, sœurs. Elle a appelé à sa libération, avertissant que « l’injustice tolérée aujourd’hui pourrait devenir la norme de demain », soulignant que « nul n’est à l’abri d’un système qui, une fois dévoyé, finit toujours par atteindre chacun.»

