Figurant parmi les 13 parcs nationaux que compte le pays, le parc d’Akanda est présenté aujourd’hui comme un modèle de protection de la biodiversité. Un atout développé grâce au projet de sensibilisation et de développement de l’écotourisme communautaire durables dans les parcs nationaux du Gabon, initié par l’Ong Ecologic, en partenariat avec l’Agence nationale des parcs nationaux, avec le soutien de l’Agence internationale de Coopération japonaise. Ce projet, qui s’étend de mars 2022 à février 2027, vise, à doter les ecogardes, les populations locales et les opérateurs touristiques, des compétences pour la protection de l’écotourisme et l’étendre sur les 12 autres parcs nationaux.
Débuté en mars 2022, le projet de sensibilisation et de soutien au développement de l’écotourisme communautaire durable initié dans le parc Akanda prend forme. Financé par la coopération Japonaise, le projet a été présenté à la presse, dans le cadre du programme presse tour les 08 et 09 juillet dernier.
Construit par l’Ong Ecologic, le projet ambitionne de développer l’écotourisme dans les 13 parcs nationaux du Gabon. A travers ce projet, les initiateurs veulent concilier protection de la biodiversité, culture locale, dignité des peuples et activité touristique. « Notre soutien à l’écotourisme commence par une sensibilisation des populations locales et des agents du parc à la richesse de leur environnement naturel et de leur mode de vie », fait savoir Imaka Sayaka, Coordonnatrice de l’Ong. Au parc Akanda, premier parc impacté par ce projet, des circuits ont été développés, l’île Ndende, Mba 2 et Kendje.

« A partir de ce projet développé au parc Akanda, les populations locales et les écogardes deviennent des guides et interprètent ensemble leur patrimoine »
Sur les circuits, guides locaux et les écogardes, sont chargés de conduire les visiteurs, mais surtout, de présenter les différentes richesses. Avant d’entrer dans la forêt, Jérôme Angoue Ndong et Michel Kanga, les guides du circuit Mba 2, réalisent un rituel pour invoquer les esprits. « Nous pouvons passer. Nous pouvons visiter la forêt en toute sécurité », confient-ils aux touristes, essentiellement des journalistes. Parmi les activités réalisées, une randonnée de deux heures, un atelier sur la capture de crabes, ainsi qu’une présentation des différentes essences de bois et des types de mangroves, avec un accent sur leur rôle écologique. « Ce projet, développé au parc Akanda, permet aux populations locales et aux écogardes de devenir des guides, interprétant ensemble leur patrimoine naturel ». « Cela apporte des bénéfices, tant spirituels, qu’économiques. Mais permet surtout de transmettre ce patrimoine aux générations futures », fait savoir Imaka Sayaka.
« Notre ambition est que ce modèle soit repris sur les autres parcs du pays »
Sur l’île Nende, après une journée de randonnée, les visiteurs peuvent passer la nuit dans un cadre soigneusement aménagé. Deux hangars, pouvant accueillir entre 8 et 12 tentes, sont disponibles, accompagnés de sanitaires, d’un espace cuisine et d’une salle à manger. Les touristes ont également l’opportunité de déguster des plats typiques. Toute chose qui peut garantir une expérience agréable et mémorable. Au parc de Kendje, les visiteurs peuvent explorer les merveilles de la nature, notamment une variété d’oiseaux et des coquillages mystérieux le long des rives, comme l’indique David Mouissi, un écogarde. « Ce phénomène reste inexpliqué », selon lui. De quoi susciter la curiosité des touristes.
« A travers ce projet, nous pensons que l’activité touristique va intéresser les Gabonais, car il y a déjà des touristes étrangers qui visitent le parc. Notre ambition est que ce modèle soit repris sur les autres parcs du pays », martèle Dr Guy Max Moussavou, anthropologue, membre du projet.
Ce projet a permis de former des guides locaux, des écogardes et des opérateurs afin qu’ils dépassent le simple rôle d’information. Mais de « révéler les messages et les valeurs cachés, afin d’éveiller l’émotion, la curiosité et l’émerveillement chez les touristes ».

