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Cnamgs: Franck Nguema trace la voie d’une assurance maladie qui soigne vraiment, pas seulement sur le papier

Face à la presse ce lundi à Akanda, Franck Nguema, ancien ministre et conseiller municipal, a posé un diagnostic sans détour sur la CNAMGS. Loin des polémiques, l’ancien membre du gouvernement appelle à une refonte en profondeur de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale. Son objectif : transformer une couverture administrative en garantie nationale de soins effectifs  pour les Gabonais les plus fragiles.

Par Pierre Mouchard

Du nombre de cartes à la qualité des soins : le changement de paradigme

Créée en 2007, la Cnamgs  couvre aujourd’hui les GEF, les agents publics et les salariés du privé. Elle est même citée en exemple en Afrique centrale, comme en 2017 par une délégation congolaise venue s’en inspirer. Mais pour Franck Nguema, le débat ne doit plus porter sur le volume. Le rapport 2025 de l’OMS, mal interprété selon lui, souligne une réalité : la capacité de la Cnamgs  à garantir un accès réel à des soins de qualité.

« Le véritable problème n’est pas seulement financier, administratif et organisationnel ; le problème principal est désormais l’écart entre la couverture médicale annoncée et la couverture médicale réellement vécue par les populations ».

Cet écart nourrit la frustration et fragilise la confiance. Avec 40% de la population dépendante et des impayés aux pharmaciens estimés à 7-8 milliards de FCFA, l’urgence est sociale.

Les 2 réformes clés proposées par Franck Nguema

Pour combler le fossé, l’ex-ministre propose une double rupture :

  1. Le recentrage de la couverture santé universelle sur les populations vulnérables.

La priorité doit revenir aux GEF et aux ménages qui subissent le plus la pauvreté, qui touche près d’un Gabonais sur trois.

  1. La transformation de la Cnamgs en Agence nationale de performance sanitaire et d’achat stratégique des soins.

Concrètement, la performance ne se mesurerait plus au nombre d’assurés ou de cartes délivrées, mais à des indicateurs tangibles : taux d’accès aux soins, disponibilité des médicaments, délais de prise en charge, réduction du reste à charge. Cette nouvelle logique ferait de la Cnamgs « un instrument de performance et de lutte contre la pauvreté ».

Un plaidoyer pour restaurer la confiance

Franck Nguema tient à clarifier : le rapport de l’OMS n’a jamais qualifié la Cnamgs d’« arnaque ». Il établit en revanche une faiblesse structurelle : l’écart entre la couverture administrative et l’accès effectif aux soins.

L’OMS Gabon elle-même, par la voix de son représentant Dr Xavier Crespin, a rappelé le 2 juillet 2026 que la Cnamgs reste « une avancée majeure en matière de protection sociale ». Pour l’ancien ministre, il faut désormais passer à l’étape 2 : faire vivre ce droit.

Son analyse rejoint un constat plus large: le modèle gabonais est jugé « massivement orienté vers les soins curatifs » et pénalisé par des « inégalités exacerbées » d’accès. Or, seule « une réorientation des budgets vers les soins de santé primaires et une gestion rigoureuse de la distribution des médicaments » permettra de transformer ce droit théorique en sécurité sanitaire.

L’enjeu : faire de la santé un levier de développement

Pour Franck Nguema, la santé ne doit plus être vue comme une charge. Elle doit devenir « un véritable levier de développement social et économique ».

Dans un contexte où l’État intègre la refonte de l’assurance maladie au Plan national de croissance 2026-2030, sa proposition arrive à point. Elle invite à juger la Cnamgs non pas sur ses ambitions, mais sur « la qualité du soin reçu par le dernier des assurés ».

En clair: Moins de promesses, plus de médicaments dans les pharmacies. Moins de cartes, plus de consultations. C’est la feuille de route que trace Franck Nguema pour que la Cnamgs redevienne ce qu’elle aurait toujours dû être : la garantie que chaque Gabonais, quel que soit son statut, pourra se soigner dignement.

 

 

 

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