Le Centre Diagnostic de Libreville (CDL), la Fondation Louise et le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) ont officialisé, jeudi 23 juin, à Libreville, un partenariat stratégique destiné à renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge de la drépanocytose. Une alliance qui ambitionne de faire de la sensibilisation un pilier de la politique de santé publique face à une maladie qui demeure l’un des principaux défis sanitaires du pays.
Par Adèle Engo
La lutte contre la drépanocytose franchit un nouveau cap au Gabon. Réunis lors d’une conférence de presse, les responsables du Centre Diagnostic de Libreville (CDL), de la Fondation Louise et du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) ont annoncé la mise en place d’une alliance stratégique destinée à coordonner leurs expertises autour d’un même objectif : réduire l’impact de cette maladie génétique grâce à une approche fondée sur la prévention, le dépistage précoce et la solidarité.

Au-delà de la signature d’un partenariat, cette initiative traduit une volonté commune de replacer la prévention au cœur de la réponse sanitaire face à une pathologie qui continue d’affecter des milliers de familles gabonaises.
Une maladie encore trop méconnue malgré son poids sanitaire
La drépanocytose demeure l’une des maladies héréditaires les plus répandues au Gabon. Selon les données communiquées par les partenaires, près d’un Gabonais sur quatre serait porteur du gène responsable de la maladie, tandis qu’environ 2 % de la population présenterait une forme majeure.
Pourtant, une grande partie des personnes concernées ignore encore son statut génétique. Une méconnaissance qui limite les actions de prévention et retarde souvent les décisions médicales ou familiales permettant de réduire les risques de transmission.

Face à ce constat, les trois structures souhaitent démocratiser l’accès au dépistage rapide, aujourd’hui réalisable en quelques minutes, afin que chaque citoyen puisse connaître son statut et agir en conséquence.
Trois expertises réunies autour d’une stratégie commune
Le partenariat repose sur une répartition claire des missions. La Fondation Louise assurera la sensibilisation des populations, l’éducation thérapeutique et les campagnes d’information sur la drépanocytose.
Le Centre National de Transfusion Sanguine mobilisera son expertise pour promouvoir le don de sang volontaire, indispensable à la prise en charge des patients drépanocytaires, tout en organisant des collectes régulières. De son côté, le Centre Diagnostic de Libreville mettra à contribution son unité médicale mobile afin de déployer des campagnes de dépistage rapide et sécurisé dans les entreprises, les administrations et les communautés. Cette complémentarité doit permettre de proposer une réponse globale associant prévention, diagnostic précoce et accompagnement des malades.
Les entreprises appelées à devenir des acteurs de santé publique
Première traduction concrète de cette alliance : le lancement des Journées Solidaires Drépanocytose. Ce programme invite les entreprises gabonaises à accueillir, directement sur leur site, des journées combinant conférences de sensibilisation, dépistage volontaire et confidentiel des collaborateurs ainsi que des opérations de collecte de sang.
Au-delà de la protection de leurs salariés, les entreprises participantes contribueront également au financement de campagnes gratuites de dépistage destinées aux populations les plus vulnérables, inscrivant leur engagement sociétal dans une démarche de santé publique à fort impact.
Faire du dépistage un réflexe citoyen
À travers cette initiative, les partenaires affichent une ambition qui dépasse le seul cadre médical : inscrire durablement la culture du dépistage dans les habitudes des Gabonais et renforcer la prévention comme premier rempart contre la maladie.
En fédérant les compétences d’un laboratoire de référence, d’une fondation engagée et de l’institution nationale chargée de la transfusion sanguine, cette alliance entend impulser une nouvelle dynamique dans la lutte contre la drépanocytose.
Un engagement qui pourrait contribuer, à terme, à améliorer le diagnostic précoce, renforcer la disponibilité des produits sanguins et réduire les conséquences sanitaires de cette maladie encore largement sous-estimée au Gabon.

