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Gabon : Le droit à la terre, une réappropriation de la nation

L’écrivain Français Maurice Barrès aimait à dire ceci, en ce qui concerne l’attachement à son pays : « un pays c’est avant tout la terre et ses morts ». L’auteur des DERACINES et de LA COLLINE SACREE considère qu’être patriote, c’est avant tout s’attacher à sa terre et honorer ses ancêtres. L’article 28 de la charte de la Transition stipule cela : « il est interdit de vendre la terre aux non nationaux. »

Cet article, loin d’être une invitation à la xénophobie, n’est que la conséquence décisionnelle d’une situation catastrophique. En effet, pendant quatorze ans, les tenants de l’ancien régime ont bradé la terre Gabonaise à des aventuriers venus d’ailleurs. Cette curée foncière a pris les allures d’une spéculation foncière dont des sujets étrangers étaient les seuls manipulateurs.

A ce titre, on peut citer les Oceni, Maixent Accrombessi, Liban Suleyman et d’autres fossoyeurs de la République. Cette braderie foncière  à grande échelle a été rendue possible par la complicité tacite des dirigeants gabonais de souche. De 2009 à 2022, il y a eu une floraison de sociétés immobilières. Cela s’est traduit par une forme de spoliation des terres avec un vernis de légalité.

Se réapproprier sa terre, c’est se réconcilier avec sa nation, car la terre est ce qui lie l’individu à son pays. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie d’un nationalisme teinté d’une mise à l’écart de tout étranger. Il s’agit de faire disparaitre des paradigmes qui sont néfastes pour le citoyen lambda, et qui s’incarnent dans des phrases telles que « je suis plus Gabonais que toi. » ou «  on va encore faire comment ? ». La vente à foison des terres à des étrangers et l’accaparement de celles-ci par ces mêmes étrangers a sapé la dignité des Gabonais.

L’article 28 semble renvoyer à certains passages de notre hymne national, mettant en exergue notre volonté de sauvegarder notre pays, donc notre terre.

La vendre à tout va, n’est-ce pas nous renier et oublier ce que nous devons à   nos ancêtres ?

Comme le disait Albert Luthuli, l’un des dirigeants de l’ANC et prix Nobel de la paix : « notre combat c’est aussi la réappropriation de nos terres pour mieux envisager un avenir fondé sur l’égalité.»

Nous n’héritons pas de la terre, nous l’empruntons aux générations futures. D’où la nécessité de la préserver.

Serge Bibang

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