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Agression d’une femme sur la voie publique |Le gouvernement face à ses propres turpitudes !

Suite à une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant un conducteur de taxi, frapper violemment une jeune dame, le gouvernement, à travers le ministre de l’intérieur, a demandé d’interpeller le taximen agresseur afin qu’il réponde de son acte devant la loi.

 La vidéo devenue virale sur la toile a choqué plus d’un. Et le gouvernement, à travers le ministre de l’intérieur, a jugé l’acte « odieux ». Afin que cette   « barbarie » ne reste impunie, Noël Lambert Matha, a « instruit le commandant en chef de la police nationale afin que l’auteur soit retrouvé, interpellé et qu’il réponde de son acte devant la loi. » Réaction légitime d’un gouvernement qui a le devoir de protéger les populations, serons-nous tentés de dire.

Mais ici, la violence, dans toutes ses formes, doit être condamnée. Sinon, quelle attitude doit adopter un citoyen qui est violenté par un malade mental qui déambule dans la rue, comme c’est généralement le cas au Gabon? En effet, selon plusieurs sources, la jeune dame frappée dans la vidéo par le conducteur de taxi, serait une sérieuse menace dans la zone de l’université Omar Bongo. Une zone de forte affluence où élèves, étudiants et autres usagers abondent.

On ne peut pas dire que tapis dans leurs bureaux feutrés, les gouvernants ne soient pas suffisamment renseignés de cette situation. Pas plus qu’ils ignorent que les populations gabonaises sont exposées jour et nuit aux actes violents (physiques et psychologiques) des malades mentaux qui écument librement les rues et coins de nos villes et villages, au nez et à la barbe des pouvoirs publics.

Promu ministre de la santé, en juillet 2020, Guy-Patrick Obiang Ndong avait indiqué que « l’objectif premier de la santé c’est le respect de la dignité humaine. Il est insupportable de voir les malades mentaux sillonner les rues de Libreville ». D’où, il a donné un délai d’une semaine aux responsables de la psychiatrie « pour tout mettre en place, afin de procéder au ramassage des malades mentaux ». Près de deux ans après, la situation déplorée par le membre du gouvernement ne s’est guère améliorée. Et la promesse du ministre désormais (?) classée dans la rubrique de la démagogie politique.

Question, en interpellant le conducteur de taxi qui s’est fait justice suite à la violence qu’il a subie par une malade mentale (qui, au passage, aurait d’abord endommagé le pare-brise de son taxi), le gouvernement va-t-il aussi reconnaître son tort face à son incapacité de prendre sérieusement en compte le phénomène des malades mentaux devenu inquiétant dans le pays?

Junior Akoma 

 

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