Pyramid Medias Gabon

Cnamgs : Task-Force, Franck Nguema salue l’initiative et demande d’aller plus loin

La mise en place d’une Task-Force par le Gouvernement pour restructurer la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (Cnamgs) fait débat. Dans une prise de parole, Franck Nguema, ancien ministre et conseiller municipal de la commune d’Akanda, salue l’initiative tout en rappelant que le défi central de la Cnamgs n’est pas que financier, mais aussi sanitaire.

 Par Pierre Mouchard

La Task-Force : une « bonne nouvelle » mais insuffisante seule

Franck Nguema qualifie d’abord la décision du gouvernement de la République d’« une bonne nouvelle ». La Task-Force, annoncée ces derniers jours, doit conduire un audit indépendant, sécuriser la collecte des cotisations, lutter contre la fraude, digitaliser les procédures et signer un contrat de performance avec la direction générale.

Des mesures « utiles » qui répondent, selon lui, aux « difficultés de fonctionnement » de la caisse. Une position partagée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a déclaré lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès qu’il va veiller « lui-même à la bonne marche de la CNAMGS ». L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans son rapport annuel 2025, a également confirmé les dysfonctionnements de la Cnamgs.

Le vrai problème : l’écart entre la carte et les soins reçus

Pour l’ancien ministre, la réforme ne doit pas s’arrêter à la gouvernance. Le cœur du problème est ailleurs.

Selon Franck Nguema, avec 76% de Gabonais enregistrés à la Cnamgs, le Gabon est « un modèle de couverture médicale en Afrique ». Mais l’OMS pointe un fait : cette couverture administrative ne garantit pas à tous les assurés de bénéficier « de soins complets et de qualité ».

« Autrement dit : avoir une carte ne signifie pas toujours pouvoir recevoir tous les soins dont on a besoin. Et c’est là que se trouve le véritable enjeu de la grande réforme de la Cnamgs », martèle Franck Nguema.

Il pointe donc le risque que la Task-Force ne traite que les problèmes de fonctionnement de la CNAMGS : trésorerie, fraude, gestion. Sans répondre à la question fondamentale : « Comment garantir que chaque assuré de la CNAMGS reçoive réellement les soins auxquels il a droit ? »

Vers une « couverture médicale effective »: les 5 indicateurs proposés

Pour Franck Nguema, il faut changer de logiciel. Demain, la réussite de la Cnamgs ne devra plus se mesurer au nombre de cartes distribuées.

Il propose 5 nouveaux critères pour évaluer la performance de la Task-Force :

  1. Combien de patients ont réellement été soignés ?
  2. Combien de patients ont trouvé leurs médicaments ?
  3. Combien de patients ont été pris en charge rapidement ?
  4. Combien de patients ont renoncé aux soins faute de prise en charge ?
  5. Combien de patients ont encore payé de leur poche les frais médicaux ?

L’objectif est clair : atteindre la « couverture médicale effective », une recommandation centrale de l’OMS aujourd’hui.

Soigner, pas seulement enregistrer

« La meilleure assurance maladie n’est pas celle qui délivre le plus de cartes. Mais bien celle qui soigne réellement et effectivement le plus de Gabonais », conclut Franck Nguema.

Si la Task-Force intègre cette orientation, estime-t-il, le Gabon pourra se doter d’une Cnamgs « plus moderne, plus performante, plus transparente et surtout plus utile aux populations ».

Dans un contexte où près d’un Gabonais sur trois vit dans la pauvreté, l’enjeu de cette réforme dépasse la Cnamgs. Il engage la crédibilité de la protection sociale au Gabon.

 

 

 

author

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *