Nicaise Moulombi, auteur d’une plainte déposée en septembre 2025 auprès de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite contre l’entreprise ACDG, a été entendue le 2 avril. Lors de son audition, le membre de la société a dénoncé l’inaction des autorités face à ce qu’il considère comme un échec retentissant, alors que le projet Grand Mayumba était initialement perçu comme un symbole de modernité et de durabilité.
Figure emblématique de la société civile et président de l’ONG Croissance saine environnement, Nicaise Moulombi est résolue à poursuivre son combat pour obtenir justice concernant ce qui ressemble aujourd’hui à un désastre : le projet Grand Mayumba. Confié à ACDG il y a plus d’une décennie, ce projet, qui devait avait bénéficié de 731 000 hectares dans la province de la Nyanga, le projet n’a donné lieu à aucune réalisation tangible, alors qu’il était censé promouvoir une économie verte, une agro-industrie et un écotourisme de qualité. Face à l’inaction des autorités, le membre de la société civile a décidé de porter l’affaire devant la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, en septembre dernier.
Le requérant a été auditionné le 02 avril au siège de cette entité à Libreville. Le membre de la société civile est allé faire la lumière, où les communautés locales n’ont vu ni usines, ni emplois, ni perspectives d’avenir. « Sept mois après le dépôt de notre plainte, nous avons été surpris d’être appelés par la Commission pour une audition, alors que l’on pensait que notre avait été mise dans les tiroirs ».
Devant le commissaire membre 8 de la CNLCEI, Nicaise Moulombi a exprimé ses préoccupations concernant les promesses non tenues de l’entreprise ACDG. Celle-ci avait annoncé la protection de centaines de milliers d’hectares, la génération de 200 millions de tonnes de crédits carbone et l’attraction de milliards d’investissements via des obligations vertes. Cependant, sur le terrain, aucun progrès tangible n’a été observé : ni port, ni développement touristique, ni industrie locale. . « Nous pensons que cette entreprise a mis sous cloche les communautés qui auraient dû tirer profit en terme de RSE, en terme de partage de dividendes. Au lieu de ça, nous constatons qu’il y a des responsables de l’entreprise qui se sont installés à Dubaï au lieu du Gabon ».
La demarche du président de Croissance Saine Environnement a pour objectif de défendre les intérêts des communautés et du pays. Dénonçant une complicité au sein de l’administration et évoquant des actes de forfaiture. Il a donc appelé la Commission à mener une enquête approfondie, sans se laisser influencer, en soulignant que l’entreprise avait profité d’exonérations fiscales sans réaliser les engagements promis.
Dans le cadre de sa plainte, Nicaise Moulombi a affirmé agir conformément à la législation de la Cemac, en matière de corruption passive, de concussion, de complicité et de recel. Cette démarche vise à garantir que les droits des communautés soient respectés et que les responsabilités des entreprises soient clairement établies.

