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Tribune : Il est peut-être temps de fermer certaines filières pour les besoins de notre Économie et pour une meilleure employabilité

Dans cette tribune, Jim Ndong, économiste et membre du laboratoire Citoyen Lambda, livre une analyse critique du système éducatif gabonais. Il souligne la nécessité de réformer les filières de formation offertes par les écoles, universités et centres de formation, afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail. L’auteur va jusqu’à suggérer la fermeture des filières jugées peu attractives, afin de concentrer les ressources sur des programmes plus pertinents. Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’un appel lancé par le président de la République aux entrepreneurs et aux établissements de formation, lors de son discours pour le 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon. Son diagnostic met en lumière les défis auxquels le système éducatif est confronté et appelle à une réflexion profonde sur l’adéquation entre l’éducation et les exigences du monde professionnel.

 Par Jim Ndong…

©D.R

Le système scolaire Gabonais est-il un recyclage de chômeurs de façon structurelle ?

  • Constat Lors de son discours à la Nation du 16 août 2026, marquant le 66ème anniversaire du Gabon à la souveraineté internationale, une phrase a attiré mon attention lors de cette allocution du président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema :  » j’appelle nos entrepreneurs, nos établissements de formation et les acteurs du secteur hôtelier à se mobiliser. Formons nos enfants aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil et du service… ».

En d’autres termes, changeons de cap, de paradigmes en ce qui concerne l’offre de formation. Orientons les offres de formation à nos besoins économiques. Au Gabon, le taux de chômage des jeunes s’établit entre 34% et 36% selon les dernières données institutionnelles. Aussi, malgré ces chiffres alarmants, l’Etat a payé récemment 19,7 milliards de francs CFA dont 13,4 milliards furent versés pour des bourses à l’étranger.

Cette part constitue une véritable perte qu’on pourrait utiliser pour doter le Gabon des meilleures écoles et universités au niveau national. Cette situation devrait s’accentuer avec l’afflux massif des nouveaux bacheliers. Face à  » cette hémorragie financière  » qui fait  » souffrir nos finances publiques « , en créant ainsi la dévalorisation de nos instituts de formation, incapables d’offrir les filières attractives dans l’enseignement et adaptées aux besoins de notre marché du travail, il est temps que l’Etat Gabonais relocalise cette expatriation scolaire. Toutefois, comment et pourquoi les offres de formation devraient s’adapter aux besoins économiques pour une meilleure employabilité ?

  • Perspectives : Il est temps aujourd’hui que les pouvoirs publics dotent à notre écosystème scolaire des offres dignes de formation via le Ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, le Ministère de l’Enseignement supérieur et tous les acteurs de la formation, de l’économie…d’un cadre scolaire qui suscite l’envie, l’engouement et qui ne programme plus  » une armée de chômeurs désespérés « .

Certains pays à l’instar du Japon, la Chine et même le Rwanda ont fait le pari de fermer certaines filières de formation, jugées contre productives : il s’agit des filières des sciences sociales et humaines (histoire, psychologie, philosophie, sociologie…) vers des secteurs plus professionnels, plus compétitifs et utiles au marché. Il faut donc réorienter ces différentes offres de formation dès l’école primaire. Il s’agit des formations dans le domaine agricole, élevage, électronique, électricité, l’eau, le transport, le tourisme, les mines, l’environnement, la médecine, la culture, l’art, le sport, l’informatique l’intelligence artificielle adaptée à nos réalités sociétales.

N.B: tous les métiers sont inter connectés et on ne devrait plus parler de petits métiers ou de sots métiers, dans la mesure où tout domaine d’activité peut être source d’innovation, de croissance et susceptible de créer de gisements d’emplois. C’est à ce prix que la courbe du chômage pourrait s’inverser en partie avec des réformes courageuses, un cadre législatif du travail rigoureux, une meilleure protection des entrepreneurs locaux sous l’impulsion d’un État stratège et visionnaire.

À cela s’ajouterait la mise en place des infrastructures scolaires, sanitaires, de transport, une meilleure prise en charge des élèves en difficulté, un accompagnement conséquent des encadreurs pédagogiques, un financement performant des projets innovateurs des étudiants et chercheurs et une meilleure valorisation du métier d’enseignant que le Gabon pourrait former  » un meilleur capital humain « .

 Enfin, un audit minutieux et pertinent devrait être commis par la Cour des Comptes pour connaître combien l’Etat Gabonais a dépensé en terme financier dans l’expatriation scolaire de ses enfants ces 20 dernières années.

                                                     …Consultant au laboratoire citoyen Gabonais

 

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