Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa politique de valorisation locale des ressources minières. Le 15 mai 2026, une convention minière a été signée entre l’État Gabonais et la société Havilah Mining Gabon pour l’exploitation du gisement de fer de Milingui, situé dans la province de la Nyanga.
Louis-Paul Modoss ; Chroniqueur économique
La cérémonie de signature a réuni le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, représentant l’État gabonais, ainsi que le directeur général de Havilah Mining Gabon, le Docteur Gabriel Kamga.
Selon le dirigeant de l’entreprise, le lancement de l’exploitation industrielle est prévu pour novembre 2026. Le projet sera principalement orienté vers la transformation locale du minerai de fer, conformément à la stratégie nationale de création de valeur ajoutée dans le secteur extractif.
D’après les déclarations du directeur général de Havilah Mining Gabon, le développement du gisement est l’aboutissement de neuf années de travaux d’exploration. Ces études ont permis d’estimer les réserves exploitables à près de 500 millions de tonnes de minerai de fer.
Le projet sera déployé en deux phases. La première portera sur le développement d’un minerai à expédition directe, évalué à environ 35 millions de tonnes. La seconde phase, attendue dans un délai de trois ans, devrait permettre une montée en puissance des capacités de production et de transformation.
Cette convention minière s’inscrit dans la volonté des autorités gabonaises d’accélérer l’industrialisation du secteur minier, tout en favorisant la transformation locale des matières premières et la création d’emplois.
Selon les projections communiquées par le Docteur Gabriel Kamga, la première phase du projet devrait générer 530 emplois directs et 1 100 emplois indirects. La seconde phase pourrait porter ces chiffres à 830 emplois directs et près de 2 000 emplois indirects.
Au-delà des retombées économiques attendues, ce projet met également en lumière les défis liés à la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée dans les métiers techniques et industriels. Le développement du secteur minier gabonais pourrait ainsi renforcer la nécessité d’orienter davantage les jeunes vers les filières spécialisées, afin d’accompagner les ambitions industrielles du pays.
Avec le lancement du projet de Milingui, le Gabon confirme sa volonté de faire du secteur minier un levier de diversification économique, de transformation industrielle et de développement de l’emploi local.

