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 Africa N°1: le statuquo depuis près d’une décennie

Les sites de diffusion de la Radio panafricaine de Libreville et de Moyabi sont abandonnés depuis une décennie et régulièrement vandalisés. Les agents de la radio, assis à la maison et  en attente de plusieurs mois d’impayés de salaires, mais toujours sous contrat avec le repreneur libyen, n’ont plus d’autres choix que d’exiger le paiement des droits conventionnels.

 Cela fait 8 ans que les personnels de la Radio panafricaine exerçantà Libreville et  à Moyabi sont  plongés dans la misère, faute d’impayés de salaires. Pourtant, le paiement des droits conventionnels de ces agents avait été décidé au cours d’un Conseil des ministres. Mais rien n’a été fait. « 8 ans que nous vivons la misère, sous le regard moqueur  de nos dirigeants. Nous vivons des atrocités, des humiliations, même le boutiquier du quartier ne nous fait plus confiance. Nous ne sommes pas responsables de la situation d’Africa N°1. Nous demandons simplement que soient payés nos droits et c’est tout », s’indigne notre interlocuteur. Face à une telle précarité,  « nous enregistrons des décès. Récemment, nous avons perdu un technicien, Lionel Ndombi et d’autres collègues, Huguette Moundounga et Yves Antonio Ogoula. pour des cas d’AVC ».

 Quid du redressement ?

A la suite des difficultés de la radio panafricaine, un redressement judiciaire avait été lancé et le rapport conclut est sur  la table du Tribunal de première instance de Libreville. Il n’a jamais été divulgué pour une raison que le personnel de la station ignore. Même chose pour l’audit financier, mené par la Cour des Comptes. « Ceux qui ont fait des malversations à Africa N°1 sont connus, mais ne sont pas inquiétés », explique un agent.

Horizon sombre pour la radio panafricaine

Selon le personnel, aucune volonté n’est affichée pour maintenir la radio. « Nous ne voyons rien. Depuis que nous vivons cette situation, près de 10 ministres sont passés au ministère de la Communication, rien n’a été fait. Même pas les états généraux de la communication, dont l’une des grandes recommandations était la restructuration de la Radio », regrette Jean Felix Ngawin Ndong, Président du syndicat des agents d’Africa N°1.

Faut-il le rappeler, la radio s’est scindée en deux structures indépendantes, Africa no 1 Gabon et Africa no 1 Paris. En 2007, la radio panafricaine avait été reprise par la Jamahiriya arabe libyenne. Si depuis cette opération de division, Africa1 Paris a bien fonctionné, ce n’est pas le cas de sa consœur gabonaise, qui connaît un horizon sombre. La partie libyenne a pratiquement démissionné et exige que l’Etat gabonais lui reverse des fonds pour récupérer ses parts, explique Jean Félix NgawinNdong.« Avec la situation de la radio et le silence du gouvernement, nous demandons simplement le paiement de nos droits conventionnels. Nous enregistrons des retards de salaires. Au moment où je vous parle, les sites de Libreville et de Moyabi  sont abandonnés et vandalisés ».

Vraisemblablement, ce n’est pas pour demain que les auditeurs de la Radio Panafricaine, entendront le Tam-Tam de l’Afrique.

 

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