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Église évangélique du Gabon : le retour des vieux démons ?

Le ministère de l’Intérieur a récemment décidé de suspendre les activités du bureau nouvellement élu lors du dernier Synode national de l’Eglise Evangélique du Gabon. Cette décision a été dénoncée par le collectif des pasteurs laïcs dans une déclaration publiée le 18 août à Libreville, l’a jugeant comme contraire aux principes de la laïcité et à l’autonomie des organisations. Les membres du collectif soulignent que le Synode national s’est tenu conformément aux règles, en présence de plusieurs représentants d’autres organisations religieuses du Gabon et de la sous-région.

L’élection d’un nouveau président de l’Eglise Evangélique du Gabon intervenue, le 10 août dernier avait initialement suscité de l’espoir, mais cette euphorie a été de courte durée. En effet, le ministère de l’Intérieur, qui supervise les organisations religieuses, a choisi de suspendre les activités du nouveau bureau national à titre conservatoire.

« Une ingérence et une entrave au fonctionnement normal de notre institution »

 Une  décision qui  a créé un climat d’incertitude au sein de l’Église évangélique du Gabon. Lors d’une déclaration le 18 août à Libreville,  le collectif des pasteurs laïcs a rappelé que « l’EEG a toujours entretenu des relations respectueuses avec l’État gabonais et observé le principe de laïcité ». C’est pourquoi, le collectif trouve injustifiable  la remise en cause du fonctionnement de l’EEG.

Dans son propos, le révérend Simon Obiang Akué a souligné que   «le synode national s’est déroulé en présence des représentants de la CEVA, de la CETA, du représentant de l’Église catholique du Gabon, du président de la Fédération des Églises de réveil du Gabon. Cette décision du ministre de l’Intérieur est une ingérence et entrave le fonctionnement normal de notre institution au motif que les dispositions de la Constitution de la loi référendaire donnent la pleine mesure à notre institution de conduire nos affaires d’une manière indépendante».

Le refus du consensus

Alors que selon des sources, au lieu d’une élection, l’assemblée avait  plutôt opté pour un consensus, qui consistait  à laisser les deux candidats, à savoir Moïse Ovono Megnie et Jean-Daniel Allogo-Essimengane à désigner eux-mêmes un nom. Contre cette démarche, Moise Ovono Megnie  avait lui-même décidé de se retirer du processus,  pour  contester à la fin les résultats du Synode. Avec comme argument, qu’il serait le choix des autorités compétentes.

« Le Synode est souverain »

Face à la persistance de la crise, le collectif appelle à l’arbitrage du président de la République. «Le synode est souverain. Il est l’instance suprême de l’Église et ses décisions sont exécutoires. C’est pourquoi, face à ce qu’on peut qualifier de grave dérapage, le peuple chrétien de l’Église évangélique du Gabon fait appel à l’intervention du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour le règlement de ce litige et ramener la sérénité et la paix», a fait savoir Simon Obiang Akué.

Le collectif affirme que le synode est l’instance suprême de l’Église et que ses décisions doivent être respectées.

 

 

 

 

 

 

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