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Gabon : L’explosion des piratages WhatsApp, l’envers sombre des VPN gratuits depuis la suspension des réseaux sociaux

Depuis plusieurs jours, de nombreux Gabonais signalent le piratage de leurs comptes WhatsApp. Derrière cette vague de cyberattaques : l’usage massif de VPN gratuits, devenus incontournables depuis la suspension partielle des réseaux sociaux dans le pays.

 Par Pierre Mouchard

Une recrudescence de piratages liée aux VPN

Selon plusieurs experts en cybersécurité interrogés, le mode opératoire est désormais récurrent. Des utilisateurs se voient déconnectés de WhatsApp, leurs contacts sont contactés pour demander de l’argent, et des codes de vérification sont détournés.

« Le point commun de la majorité des victimes est l’installation d’un VPN gratuit pour contourner les restrictions d’accès », explique un consultant en sécurité informatique basé à Libreville.

Depuis la suspension des réseaux sociaux au Gabon, les VPN sont devenus l’alternative privilégiée pour accéder à WhatsApp, Facebook ou TikTok. Une solution d’accès, mais aussi une nouvelle faille de sécurité.

VPN gratuit : un risque sous-estimé

Un VPN, ou Réseau Privé Virtuel, est censé chiffrer la connexion et protéger la vie privée. Mais tous les VPN ne se valent pas.

Les versions gratuites et non auditées présentent trois risques majeurs :

  1. Interception du trafic : L’opérateur du VPN peut lire les données non chiffrées, y compris les mots de passe et cookies de session.
  2. Vol d’identifiants: Des applications malveillantes peuvent récupérer les codes SMS à 6 chiffres de WhatsApp, et ainsi détourner le compte.
  3. Installation de logiciels espions : Certains APK de VPN contiennent des malwares capables de prendre le contrôle du téléphone.

« Résultat : comptes WhatsApp, Facebook, et même applications bancaires peuvent être compromis », alerte l’expert.

Une atteinte à la vie privée dans un contexte numérique contraint

Au-delà du simple désagrément, ce phénomène constitue une atteinte directe à la protection des données personnelles, garantie par la loi n°001/2011 portant protection des données à caractère personnel au Gabon.

Dans une société où les réseaux sociaux jouent désormais un rôle socio-économique central – pour l’information, le commerce et la communication – cette insécurité numérique crée un climat de méfiance et peut porter atteinte à la dignité des personnes ciblées par des usurpations d’identité.

 Entre sécurité et accès : l’équation gabonaise

La situation pose une question de fond. Si la restriction d’accès aux réseaux sociaux vise des objectifs de sécurité nationale, elle a paradoxalement poussé une partie de la population vers des outils moins sécurisés.

À l’heure où la communauté internationale célébrait récemment la Journée mondiale des réseaux sociaux, le débat se relance au Gabon : la levée de la suspension des plateformes est-elle devenue une urgence de cybersécurité et de protection des citoyens ?

En attendant, les experts recommandent la prudence : éviter les VPN gratuits, privilégier des solutions payantes et reconnues, activer la vérification en deux étapes sur WhatsApp, et ne jamais partager de codes de sécurité.

 

 

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