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GEF 2026 : le patronat met l’État face à ses responsabilités sur la CNAMGS et la dette intérieure

 La deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF), organisée le 27 juin à la Cité de la Démocratie, marque un tournant dans le dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé. Pour la première fois, cette grand-messe économique a été entièrement organisée et financée par la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), qui entend désormais passer des constats aux propositions concrètes. Deux dossiers sensibles ont particulièrement retenu l’attention : la gouvernance de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et l’apurement de la dette intérieure de l’État.

Par Pierre Mouchard

Placé sous le thème « Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée », le forum a réuni acteurs économiques et représentants des pouvoirs publics autour de huit ateliers consacrés aux principaux défis de l’économie gabonaise. Au terme des échanges, le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, a formulé des recommandations qui traduisent une volonté du patronat de peser davantage dans l’élaboration des politiques économiques.

Un audit de la CNAMGS réclamé

La proposition la plus marquante concerne la CNAMGS. Devant les autorités présentes, la FEG a demandé la réalisation d’un audit de cette institution, estimant que son fonctionnement actuel soulève des interrogations quant à sa fiabilité.

Cette prise de position revêt une portée particulière. En représentant plus d’un millier d’entreprises et une part importante de l’emploi formel du pays, la fédération place la question de la gouvernance de la principale caisse d’assurance maladie au cœur des préoccupations du secteur productif. Sans préjuger des conclusions qu’un tel audit pourrait révéler, cette demande traduit une exigence de transparence et de clarification sur la gestion d’un organisme essentiel à la protection sociale des travailleurs.

Une méthode proposée pour résorber la dette intérieure

Au-delà du diagnostic, la FEG affirme également vouloir contribuer à la résolution des difficultés financières de l’État. Son président a indiqué avoir transmis aux autorités un programme d’apurement de la dette intérieure, dont l’encours dépassait 4 340 milliards de FCFA à la fin de l’année 2025.

Jusqu’ici, les organisations patronales dénonçaient principalement les conséquences des retards de paiement sur la trésorerie des entreprises. Cette fois, elles proposent un mécanisme de remboursement, même si son contenu détaillé, son calendrier d’exécution et ses modalités de financement n’ont pas encore été rendus publics. Cette démarche traduit une évolution du rôle que souhaite jouer le patronat : celui d’un partenaire force de proposition plutôt que d’un simple interlocuteur revendicatif.

L’État promet une meilleure discipline budgétaire

Côté gouvernement, la représentation officielle était assurée par le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier. Dans son intervention, celui-ci a réaffirmé la volonté des autorités d’améliorer l’environnement des affaires et de respecter davantage les délais de paiement envers les entreprises.

L’engagement de régler les factures publiques « à la bonne date » s’inscrit dans la continuité de l’objectif gouvernemental de paiement sous 90 jours des marchés publics. Pour les opérateurs économiques, cette promesse constitue un élément déterminant, dans un contexte où les tensions de trésorerie demeurent l’un des principaux freins à l’investissement privé.

Le défi de la mise en œuvre

Comme lors de sa précédente édition, le Gabon Economic Forum débouche sur une série de recommandations qui devront être regroupées dans une « Déclaration de Libreville du secteur privé » accompagnée d’une feuille de route.

La différence, cette année, réside dans la volonté affichée de mettre en place un dispositif de suivi avec des priorités clairement identifiées, des responsabilités définies et un calendrier d’exécution. Ce mécanisme vise à éviter que les conclusions du forum ne demeurent sans effet concret, comme cela avait été reproché à l’issue de la première édition.

Au-delà des annonces, la réussite du GEF 2026 sera donc évaluée à l’aune de la traduction effective de ces engagements dans les politiques publiques. Les demandes d’audit de la CNAMGS, les propositions relatives à la dette intérieure et les promesses gouvernementales sur les délais de paiement constituent désormais autant d’indicateurs qui permettront d’apprécier l’évolution du partenariat entre l’État et le secteur privé dans les prochains mois.

 

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