À pas veloutés, cette redoutable et irréductible voisine indésirable, toujours vêtue de fleurs pâles, s’est introduite comme une voleuse dans ce jardin de lys presque sans défaut, construit et cultivé par ce cœur de paix comme l’on n’en trouve plus beaucoup aujourd’hui pour pouvoir le célébrer. Oui, la tristement célèbre faucheuse de tous les temps est, sans pourtant être invitée, passée par la porte en dérobé toujours ouverte aux cœurs en peine à la recherche de l’écoute, de la compréhension des exclus au bal du bonheur et pour la quiétude des justes.
Par Jean Hilaire Biteghe, Journaliste d’Investigations
Ce refuge des êtres, sans à priori, que l’Homme d’Alexis Henri Bibang Bi Allogo Mba a su bâtir sans matériaux et sans les mains d’Hommes car le plus souvent souillées par la convoitise et la cupidité. Il a choisi de bâtir ce refuge avec les outils de la clarté et de la résilience des Êtres d’esprit et de vérité à savoir : L’AMOUR POUR SON PROCHAIN.

Ce refuge de Paix, d’abondance et de bienveillance vient de voir, arraché sans ménagement, son principal pilier, sa cruche toujours pleine de compassion et de miel réparateur pour des âmes en déperdition, Alexis Henri BIBANG.
Une perte innommable dans la communication au Gabon
Jamais de ma longue existence, je n’ai connu une âme aussi sensible et disposée à aider et à réparer ce qui pouvait l’être dans la vie des autres. Une disponibilité qui, quelques fois, devenait une gêne car, désormais peu commune en ces temps où tout le monde manque de temps. Tu as été un parent à l’écoute, un corps qui ne connaissait point de repos aussi longtemps que son assistance était sollicitée, un être de mesures et d’objectifs, un collègue attentionné, attentif et fin médiateur avec toujours ce regard fraternel et cette voix modulée à intonation de bienveillance où un décibel n’avait jamais effarouché la température de convivialité.
Un baroudeur de la communication pas comme les autres

De ma longue carrière dans le monde de la communication, une profession où la course aux premières places rythme le quotidien et l’agenda avec une frénésie à la lisière du » malsain », engendrant : inimitiés, animosités, médisance et jalousie. Alexis Henri Bibang était ce professionnel qui choisissait toujours le fond de la salle pour finalement se retrouver au-devant de la scène, porté curieusement même par les plus réfractaires à la lumière des autres.
Dans ce monde de la communication, du journal l’union Multipress à TV+ , la télévision du futur, Alexis Henri Bibang était devenu une marque au Gabon. J’ai eu l’honneur et le bonheur de l’avoir comme cameraman attitré et d’ailleurs, dans nos progressions dans l’entreprise, nous avions tous les deux été promus grands reporters, c’est dire comment l’objectif de sa caméra et mon microphone étaient devenus indissociables et aurait duré plus d’une décennie. Jamais un professionnel de l’image n’avait dégagé autant d’imaginations et surtout d’autorité, Alexis avait cette faculté et facilité d’assimilation, de projection et de développement qui faisait de chaque challenge, une véritable partie de plaisir. Avec son malin rictus, il savait rassurer son binôme quand il y avait une once de doute tout comme il le faisait avec son organe de presse, pas un seul couac durant nos longues années de collaboration, pas un seul !
Ainsi, une force tranquille s’en est allé sans remous ni fracas seul, un long blizzard me rappelle que : le moment n’était pas ordinaire.
Issu d’une famille nombreuse, d’un père enseignant qu’il accompagnait dans ses nombreuses affectations, monsieur BIBANG, comme l’appelaient ses jeunes collaborateurs et voire, les moins jeunes dans ce métier, a, sans aucun doute, hérité de cette proximité paternelle, la rigueur dans tout ce qu’il entreprenait tout comme son art parfait de touche à tout. C’était un maniaque de la chose bien faite.
Avec la chaîne de télévision TV+ la télévision du futur, Alexis Henri BIBANG a sillonné les villes africaines et européennes, il a couvert de grands événements mondiaux comme la coupe du monde en Allemagne tout comme des évènements nationaux de très grande envergure à l’exemple du décès du Président de la République Omar Bongo Ondimba ou de son épouse et bien d’autres grandes figures de ces derniers temps. Nous parlerons également les présidentielles de 2005 avec Omar Bongo, celles de 2009 avec André Mba Obame et 2015 et 2016, quand il fallait Jean Ping, principal opposant à Ali Bongo et sa cohorte de fanatiques qui ne se retenaient sur presque rien pour briser son principal adversaire. Aussi, il fallait surmonter les pièges et échapper à différentes attaques concoctées par ces adversaires politiques. C’était à la chaine et il fallait avoir du courage et Alexis Henri BIBANG en avait à revendre, nous étions aux premières loges et j’ai su mesurer et apprécier ce courage de cet homme d’un calme olympien et à première vue nonchalant, comme tout félin. Il y avait deux en un avec Alexis Henri Bibang.
Le prix du dur labeur, pour les héritiers. Qui pour rendre justice après la retraite ?
Quelques regrets subsistent et pas les moindres quant à certaines choses non accomplies à l’exemple des scolarités de ses enfants, l’une de sa raison de vivre qui, pour la plupart sont en fin de cycle mais ne pourront plus compter sur l’appui de leur papa pourvoyeur. Il y a aussi son désir de reconversion en étant retraité mais que les droits dus par son ex employeur n’ont jamais été reversés à l’ayant droit tout comme ses cotisations à la caisse des pensions retraite afin de mettre à l’abri sa veuve et ses enfants, orphelins devenus, n’ont jamais été mise à jour comme bien de ses collègues qui l’ont précédé dans l’au-delà ou encore en attente, vivants. Dans ces regrets des choses pas totalement accomplies, il y’a des projets structurels personnels comme l’était son désir le plan l’extension du département communication de sa communauté chrétienne, communauté chrétienne qui, au sortir de sa vie professionnelle, était sa brise rafraîchissante.
Moi qui t’ai connu sous plusieurs coutures, je proclame ici que j’ai eu mon temps de grâce, de bénédictions et de satisfaction à tes côtés, je reste convaincu ce jour, plus qu’auparavant, qu’il n’y a que les bons, le plus souvent, qui meurent et je garde espoir, en filigrane de cet hommage pour toi, que nous nous retrouverons un jour. Va en Paix, belle âme.

