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Manuels scolaires : fruit d’un partenariat public-privé, la Collection Concorde au cœur d’une contrefaçon

A travers un communiqué rendu public le 23 septembre dernier, les Editions Ntsame dénoncent le piratage des exemplaires de la Collection Concorde, manuels scolaires introduits dans le programme éducatif gabonais, grâce à un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale et la maison d’édition. Si l’enquête a permis d’interpeller les supposés auteurs de cette contrefaçon et de sceller les librairies, les Éditions Ntsame dénonce une menace qui dépasse le simple préjudice commercial. Elle pose une question fondamentale ;  « comment construire une véritable industrie culturelle gabonaise si ceux qui créent et investissent ne sont pas protégés contre ceux qui produisent et commercialisent leurs œuvres illégalement ? ».

 

Fruit d’un partenariat public privé, entre le ministère de l’Éducation nationale et  les Editions Ntsame, les livres scolaires de la Collection Concorde ont subi un piratage important en septembre dernier.

Le 23 septembre dernier, c’est la maison d’édition qui a elle-même rendu public dans un communiqué cette contrefaçon, qui a conduit à l’interpellation d’un réseau et à la fermeture des librairies à la Gare Routière de Libreville.
Il faut dire que le réseau de contrefaçon de la Collection avait été démantelé le 10 septembre dernier,  à partir d’une vérification menée par les responsables des Editions Ntsame, dans les librairies concernées. « Les vérifications ont notamment conduit vers des établissements liés à Voltaire et Voltaire Plus, situés dans la zone de la gare routière, dont le responsable identifié dans la plainte est M. Jean Célestin Tiomela Ngari, de nationalité camerounaise », indique le communiqué. Qui précise que les Éditions Ntsame avaient alors saisi le ministère, qui a aussitôt confié le dossier à la Direction générale de la Contre ingérence communément appelée B2.

A  partir de l’enquête ouverte, «  des vendeurs ont été interpellés et une importante quantité de livres a été saisie. Les opérations menées ont, selon les éléments communiqués à l’éditeur, permis de confirmer la présence de copies contrefaites dans les points de vente concernés. Le principal mis en cause aurait quitté le territoire au moment de l’interpellation de ses employés. Le 21 septembre 2026, le dossier a été porté devant les juridictions compétentes de Libreville. Les vendeurs interpellés ont été remis en liberté provisoire et des scellés ont été apposés sur les établissements concernés », fait savoir le communiqué.

Une menace qui dépasse le simple préjudice commercial

Dans son communiqué, les Editions Ntsame précisent que cette contrefaçon dépasse le simple préjudice commercial. Elle pose plutôt une question essentielle ; « comment construire une véritable industrie culturelle gabonaise si ceux qui créent et investissent ne sont pas protégés contre ceux qui reproduisent et commercialisent leurs œuvres illégalement ? »

Projet initié lors du dialogue national Inclusif (DNI) tenu en avril 2024,  la Collection Concorde repose sur une démarche simple ; proposer des manuels qui ne renoncent pas aux connaissances universelles, mais les enrichissent par des contenus liés à l’histoire, à la géographie, à l’anthropologie, à la sociologie et aux réalités culturelles du Gabon.

Une contrefaçon qui met en mal  tout un écosystème

À travers ce piratage, c’est tout un écosystème qui est menacé ; des auteurs, des correcteurs, des illustrateurs, des graphistes, des maquettistes, des imprimeurs, des façonniers, des logisticiens, des distributeurs et des libraires. « Le piratage ne vole donc pas uniquement des pages. Il vole du travail. Une menace pour une maison d’édition gabonaise indépendante ».

Pour les Éditions Ntsame «  le  Gabon doit pouvoir créer, produire et vendre ses propres savoirs sans que ceux qui les reproduisent illégalement n’en tirent davantage profit que ceux qui les ont créés ».

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