Le conseil de ministres délocalisé de vendredi 18 septembre 2026 à Port-Gentil, capitale provinciale de l’Ogooué Maritime, a vu la reconfiguration suffisamment profonde de la diplomatie gabonaise, tant sur le plan sous régional, continental et voire même occidental. C’est la preuve même que la Ve République prend désormais ses marques.
Par Jean Hilaire Biteghe, Journaliste d’Investigations
Très attendu par toutes les couches sociales du Gabon, le Conseil de ministres délocalisé juste après les célébrations, elles aussi délocalisées, de la commémoration du 30 août baptisée fête de la libération, a marqué véritablement le démarrage du premier mandat du président de la République chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema à un an de son accession à la magistrature suprême, dans le domaine aussi sensible que celui de la diplomatie.
En effet, quand les cœurs et les yeux étaient dirigés vers les retouches ou même la reconfiguration du gouvernement de la République, Oligui Nguema a plutôt choisi d’asseoir sa politique diplomatique dans un monde où les mots et les bonnes intentions ne semblent plus suffirent pour assurer et rassurer l’intérieur tout comme l’extérieur. Le Gabon sous Oligui Nguema, se veut nouveau avec de nouveaux schémas, conviant par la même occasion, les forces et intelligences observées dans leurs dernières fonctions à les faire valoir ailleurs car, en toute responsabilité, le monde de la diplomatie, peut-être plus qu’ailleurs, forme et détecte les loyaux serviteurs de l’État dans le silence de ses arcanes.

La diplomatie et les distances visibles et invisibles
De toutes les chancelleries qui ont connu des changements à leurs têtes, le cas de la Guinée Equatoriale intéresse les rédactions averties au plus haut point.
De ces points, quatre obligent d’être mentionnés.
A savoir :
– La très grande proximité géographique et voire politique et culturelle.
– La gestion de la diplomatie sur le différend île Mbanié
– Le journalisme au taquet
– La gestion du bon voisinage
La Guinée Equatoriale, depuis l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir, est le pays où le général de brigade, président de la République devenu, n’a pas voulu bouger les choses à l’emporte-pièce. À commencer par le maintien en place de l’ambassadeur plénipotentiaire du Gabon dans ce pays frère avec résidence à Malabo. Un acte de lucidité et de grande sagesse imbibé de courage car nommé par le pouvoir déchu, Sébastien Ntoutoume Bekale a frappé dans l’œil du nouvel homme fort de Libreville au point de le conserver à ce poste et le confirmer pendant ses trois ans à la tête du pays.
Ainsi, l’axe Libreville-Malabo, n’avait jamais autant brillé que depuis qu’Oligui Nguema est à la tête du Gabon. Avec plusieurs déplacements au pays de Théodoro Obiang Nguema, en moins de 3 ans, tout comme le Président équato-guinéen ne ratait aucune occasion pour témoigner son amitié à son jeune homologue, le président de la République avait donné une pointe d’honneur à la diplomatie entre les deux pays qui ont une essence commune et profonde, ce qui n’est pas un gage de relations apaisées si, la délicatesse dans le toucher des Hommes n’est pas évidente. Plusieurs exemples sur le continent foisonnent et nous le rappellent brutalement.
Un exemple de coopération sous régionale agissante
Pendant ses trois années de pouvoir, le président gabonais a tenu à insuffler une coopération dynamique dans tous les domaines avec la République sœur de Guinée Equatoriale : économiques, culturels, défense et sécurité était en première ligne. Cette feuille de route, confiée à son représentant dans ce pays frère, l’ambassadeur plénipotentiaire Sébastien Ntoutoume Bekale, avec instructions fermes de n’en jamais sortir.
Cette feuille de route a été suivie et exécutée comme une harmonie symphonique tout en veillant que rien ne soit trop chaud pour ne pas brûler et trop froid pour ne non plus geler. La bonne température de relations diplomatiques entre Libreville et Malabo a fini par convaincre les plus sceptiques quant à fluidité des relations entre deux chefs d’État de générations différentes.
Là encore, notre ambassade, sans frasques ni trompette, a fait briller notre diplomatie chez ce voisin très proche géographiquement, mais pourtant éloigné par la langue, la culture et la civilisation ibérique.
Un journaliste focus sur la vision de la Ve République
Beaucoup pensent que le journaliste est polymorphe et que pour se faire un nom, il lui faut créer un scandale, détruire tout ou presque autour de lui et que, pour exister, il lui faut se mettre en lumière même dans les réprobations, cela n’est toujours pas vrai.
De toutes les représentations diplomatiques que compte le Gabon à travers le monde, celle de la République de la Guinée Equatoriale a été celle-là qui a été mise à l’épreuve avec le fameux différend frontalier dit Mbanié.
Quand les pyromanes soufflaient sur les braises, les diplomates gabonais en Guinée Equatoriale à la tête desquels Sébastien Ntoutoume Bekale, veillaient sur chaque étincelle susceptible de embraser le champ diplomatique. Ce journaliste de profession, sans être ultra-crépidarien, ni pusillanime et encore moins retors, a toujours fait selon la verticalité du pouvoir de Libreville dans ce dossier sachant que la diplomatie est du pouvoir réservé du Chef de l’État. Un véritable soldat invisible qui a compris que cette verticalité, utilisée à bon escient, engendre l’absolue horizontalité des mouvements du diplomate qu’il est. Et la profession lui tire son chapeau. D’où le regard très intéressé des rédactions.
Sur les traces du bâtisseur président
Il est d’une nécessité presque vitale que nos Etats et surtout ceux ayant une faible densité démographique, cultivent le vivre ensemble. Chaque marque posée sur un territoire ami devrait être le reflet de notre estime. Au moment où le Gabon ne veut plus transiger sur son prestige, la beauté et l’élégance de ses ambassadeurs dans le monde, devraient être une priorité et Oligui Nguema l’a compris et l’implémente sans réserve. S’il peut avoir un regret dans cette équipe qui part de Malabo pour Libreville, c’est sûrement celui de ne pas avoir vu la fin de la construction de la chancellerie et la réhabilitation des infrastructures diplomatiques comme : les logements diplomatiques exécutés à plus de 90% , tout comme d’autres dossiers suffisamment engagés dans le domaine des transports.
En prenant le pouls auprès de la communauté gabonaise de la Guinée Equatoriale, cette dernière, d’ailleurs bien structurée, salut l’esprit d’ouverture qui a prévalu tout au long des quatre ans passées avec l’équipe sortante tout en la souhaitant bon vent et espéré la même dynamique avec les nouveaux occupants de leur chancellerie. Vivement que les nouveaux challenges soient plus exaltants pour le rayonnement du Gabon. Les observateurs de la vie politique et diplomatique du Gabon diront : ça a été ! Et que diront les autres, surtout les politiques ?

