Feuille de route de la politique gouvernementale sur l’emploi et le chômage au Gabon, les résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage au Gabon pour l’édition 2024, ont été présentés au gouvernement lors d’une cérémonie officielle à Libreville ce mercredi 29 avril. Ce document d’une centaine de pages, basé sur une enquête menée à l’échelle nationale auprès de près de 3500 foyers, va au-delà des simples chiffres. Il a permis aux experts et techniciens d’analyser les caractéristiques du chômage au Gabon et d’élaborer des stratégies pour le réduire. La dernière enquête de ce type avait été réalisée en 2010, et celle de 2024 s’appuie sur le recensement de la population de 2013.
Organisée par le ministère du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue social et de la formation professionnelle du Gabon, avec le soutien financier et technique de la Banque mondiale, la remise officielle des résultats de l’Enquête nationale sur l’emploi et le chômage 2024 a eu lieu ce mercredi 29 avril. En l’absence du vice-président du gouvernement, c’est le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la logistique, le Colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, qui a reçu ce document.

Une vision stratégique du chef de l’Etat
Le document de 175 pages, dont l’enquête a été réalisée en novembre 2024, constitue bien plus qu’une simple feuille de route ; il sert de guide pour aborder le phénomène du chômage au Gabon.
Jacqueline Bignoumba Ilogue, ministre du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue Social et de la Formation Professionnelle, a souligné que cette enquête s’inscrit dans « la vision du chef de l’État, qui aspire à bâtir un Gabon plus inclusif, résilient, compétitif et digne, où chaque citoyen, en particulier les jeunes et les femmes,

trouve sa place dans la dynamique économique du pays ». En tant que responsable de l’administration du travail et de l’emploi au Gabon, Jacqueline Bignoumba Ilogue a affirmé que « la production statistique ne doit pas être perçue comme un simple exercice technique, mais comme le socle de la décision publique et un instrument essentiel pour mesurer l’action gouvernementale », garantissant ainsi une gouvernance éclairée.
Avant la remise des résultats au gouvernement, les rapports ont été envoyés au Bureau international du travail pour ajustement et validation. L’enquête a été menée sur l’ensemble du territoire national, touchant 3 408 ménages, avec 176 enquêteurs ayant interrogé 1 450 personnes, ce qui représente un taux de réponse de 96

%, a expliqué le directeur général de l’emploi, Jean Bosco Obame Ndong.
Selon les résultats, le taux d’emploi au Gabon est établi à 40,9 %, tandis que le taux de chômage a diminué à 17,4 %, contre 20 % lors de la dernière enquête de 2010. La ministre du Plein Emploi a noté que ces données révèlent un déséquilibre structurel persistant, notamment en ce qui concerne « l’insertion des jeunes, la participation à l’activité économique et l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins du tissu productif ».
Un instrument de référence essentiel
L’enquête a permis d’aller au-delà des simples chiffres en offrant une compréhension approfondie des caractéristiques du chômage au Gabon et des moyens de le réduire. En recevant les résultats au nom du gouvernement, le ministre d’État, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a salué le travail des enquêteurs, soulignant que le gouvernement dispose désormais d’un outil de « référence essentiel pour orienter ses actions en matière d’emploi avec plus de précision et d’efficacité ». Selon lui, ces résultats constituent une « base opérationnelle pour éclairer de manière rigoureuse et réactive l’ajustement des politiques publiques, la hiérarchisation des priorités budgétaires, ainsi que le renforcement et l’inspection des actions sur le terrain ». Ils mettent en lumière des avancées significatives tout en révélant clairement l’ampleur des défis structurels auxquels le pays est confronté, a-t-il poursuivi.
Une attention pour les femmes et la jeunesse
Le gouvernement doit porter une attention particulière à la situation des femmes, dont le taux de chômage s’élève à 21 %. Manfoumbi Manfoumbi a souligné que cet indicateur nécessite une réponse déterminée, car la femme gabonaise joue un « rôle central dans l’équilibre familial, la cohésion et la dynamique économique. Toute entrave à son insertion professionnelle freine le développement global de la nation ». De même, a-t-il fait savoir, la situation de la jeunesse requiert une mobilisation tout aussi résolue, avec un taux de chômage de 34 %. « Les délais d’accès au premier emploi prolongent l’attente d’une part significative de notre capital humain, qui reste en dehors du tissu productif ». Pour le membre du gouvernement, « Une telle situation ne peut perdurer sans compromettre durablement notre trajectoire de développement, d’autant plus que la promotion de l’emploi est l’un des axes majeurs de l’action impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema », a-t-il rappelé.
Points clés et recommandations
Les experts ont identifié plusieurs points essentiels dans cette enquête. Parmi lesquels, le faible taux d’activité et le chômage élevé au Gabon, le chômage des jeunes qui représente un défi majeur, accentué par le paradoxe de l’éducation : le diplôme supérieur qui facilite l’accès au secteur formel, mais ne rassure pas nécessairement un taux d’emploi plus élevé. De plus, les femmes affichent des résultats inférieurs à ceux des hommes sur le marché du travail. Le secteur public, qui offre des salaires plus attractifs, influence également le marché, tandis que le secteur privé reste concentré dans des domaines moins rémunérateurs.
Comme recommandations, les experts recommandent de suivre les principales suggestions des assises nationales de l’emploi de mars 2025, telles que la création d’un comité interministériel pour coordonner les initiatives, l’établissement d’un registre social des entreprises pour encourager la formalisation, la mise en place d’un fonds de soutien aux PME, ainsi que l’élaboration de programmes de transferts sociaux pour les chômeurs. Enfin, de réformer l’éducation et la formation professionnelle afin de mieux les aligner sur les besoins du marché et de favoriser la reconversion professionnelle.
L’objectif de ces recommandations et des résultats de l’enquête est d’améliorer l’offre et la demande sur le marché du travail.
Désormais entre ses mains, il reste maintenant au gouvernement d’en faire bon usage.

