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Gabon : Vous avez dit régime présidentiel ?

L’une des principales recommandations issues du dialogue national inclusif d’Angondjé tenu du 2 au 30 avril dernier, a fait le choix sur le régime résidentiel comme mode de fonctionnement politique au sein de l’exécutif. Ce système  dont le meilleur modèle est les Etats-Unis peut-il bien fonctionner dans un pays qui a connu 22 ans de parti unique et un pluralisme politique biaisé?

On définit le régime présidentiel comme étant celui qui respecte le principe de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) et caractérisé par la non responsabilité de l’exécutif devant le législatif et l’interdiction de dissolution du législatif par l’exécutif. Dans ces différentes caractéristiques, le régime présidentiel des USA est, selon les spécialistes, celui qui fonctionne le mieux.

Dans un pays comme le Gabon qui a vécu 22 ans de parti unique et une trentaine d’années de régime semi présidentiel qui, dans la pratique frisait l’hyper présidentialisme, puisque le président était quasiment en même temps le chef de l’exécutif, le patron du législatif et du judiciaire, le nouveau régime présidentiel proposé au DNI peut-il fonctionner sans anicroche ?

Le premier et principal écueil est la culture démocratique. En effet, depuis le retour du pluralisme politique au Gabon en 1990, la démocratie a toujours été malmenée par l’ancien pouvoir, à travers les élections truquées ; une presse bâillonnée et des partis politiques soumis à la dictature du parti au pouvoir. Dans cette jungle politique, il est évident que  la culture démocratique avait du mal à s’incruster.

Avec la reconstruction du pays prônée par les militaires au pouvoir depuis le 30 août dernier, peut-on croire à un changement positif de mentalité allant dans le sens du respect des nouvelles règles du jeu démocratique tel que souhaitées par le dialogue national inclusif? Le régime présidentiel sera-t-il à la sauce gabonaise ou intégrale ? Le chef de l’exécutif va-t-il véritablement se limiter à ses prérogatives ? Ne sera-t-il pas tenté de marcher sur les plates-bandes des pouvoirs législatif et judiciaire pour devenir un chef paternaliste face à son peuple qu’il pourra infantiliser à sa guise?

Dans un continent africain où les principes démocratiques ont toujours été trucidés au motif que la démocratie ne serait pas compatible aux valeurs africaines, il n’est pas si évident que par un tour de magie l’un des régimes politiques démocratiques, à l’instar du régime présidentiel, soit pleinement appliqué sur nos terres. A moins que le CTRI soit l’exception de la règle.

Nelson Tchimbakala

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