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Procès des voleurs en col blanc|La confirmation d’une gouvernance cleptomane 

Pas un procès lié à l’opération « Scorpion » ou « Mamba » ne se déroule, sans qu’on ne cite de grosses sommes d’argent détournées. Des milliards issus de derniers publics qui se dirigent dans les poches de ceux qui sont censés servir au lieu de se servir. La gouvernance gabonaise semble bien huilée avec un système de captation d’argent qui enrichi vertigineusement ceux qui sont aux affaires.

 

Le système politique qui dirige le pays depuis près de 55 ans, s’est-il inscrit dans une logique de gouvernance cleptomane ? Plusieurs observateurs de la vie politique gabonaise n’hésiterons pas à répondre par l’affirmative. Tant, les dégâts, ou plutôt les scandales financiers qui se succèdent au tribunal sont venus conforter ce qui était encore inscrit dans la rubrique  de simples spéculations et accusations sans preuves. Désormais, les preuves irréfutables sont là.

 Le régime Bongo/PDG, à quelques exceptions près,  est trempé dans la cleptomanie. Un pays où la caste au pouvoir ou proche du pouvoir souffre d’une « propension pathologique à commettre des vols ».

Un peu plus de deux ans avant sa mort, Omar Bongo Ondimba qui aura régné à la tête du pays, pendant 42 ans, avait fini par déclarer : « Dieu ne nous a pas donné le Gabon pour faire ce que nous sommes entrain de faire. Un jour viendra où il va nous juger ». Des paroles  testamentaires qui n’ont malheureusement pas empêché les proches du successeur d’Omar Bongo de freiner l’hémorragie. Bien au contraire.

 « A notre époque, on volait à la pelle. Aujourd’hui, on vole à la tractopelle», révélait non sans une pointe d’humour, un ancien collaborateur du défunt président.

Le système de captation d’argent mis en place, pour enrichir une classe d’oligarques est tel que l’argent public prend la direction de plusieurs caisses en lieu et place du Trésor public.

Parfaite illustration : la répartition faite du milliard reçu par l’ancien directeur général de la société équatoriale des mines, lors de son procès ou l’ancien DG aurait reçu les instructions du directeur de cabinet du président de la République. Aux dires de l’ex DG, le Trésor public n’a reçu que quelques millions du reste du fameux milliard.

Que dire des comptes bancaires ouverts dans les banques privées de la place  pour recevoir l’argent issu de la vente des rentes pétrolières. Là encore, le trésor public est écarté.

Le système est tel qu’une fois nommé à un haut poste, le train de vie du promu change radicalement en termes d’enrichissement.

Si sous Omar Bongo, les collaborateurs étaient quasiment interdits de se présenter devant un juge pour malversations financières, ce n’est pas le cas pour son successeur. Où les personnalités font face aux interrogatoires des officiers judiciaires avant d’être jugés au tribunal et jetés en prison. Avec le risque que plusieurs personnalités proches de la famille du président sont citées par ces criminels en col blanc. Et c’est là où le bât blesse. Car, en croyant bien faire, c’est le régime qui se fait Hara-Kiri, en ouvrant son propre procès contre son système d’enrichissement…illicite.

Et à ce rythme, on joue à qui gagne perd ! Car le peuple a désormais la confirmation que leur argent est volé par ceux qui ont le devoir de s’occuper de leur bien-être.

 

Nelson Tchimbakala

 

 

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