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Libreville : à Okala et Diba-Diba, les démolitions avancent sous surveillance médicale

Les pelleteuses ont démarré mercredi 04 novembre à l’aube, comme annoncé par le gouvernement. A Okala, au Lac Bleu et à Diba-Diba, les opérations de libération des emprises pour l’élargissement de deux axes du Grand Libreville sont entrées dans leur phase opérationnelle. 270 bâtiments sont concernés au total : 67 sur le tronçon dispensaire d’Okala – centrale SEEG d’Okala, dont 13 avec titre foncier, et 203 sur l’axe Lac Bleu – Diba-Diba, 53 au Lac Bleu et 150 à Diba-Diba, sans titre recensé selon les chiffres officiels.

 Ce mercredi 04 novembre,  ce n’est pas le bruit des engins qui a marqué les riverains. C’est la présence, en première ligne, d’un dispositif rarement vu lors d’opérations de déguerpissement : sapeurs-pompiers, SAMU Social et équipes du ministère des Affaires Sociales, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, déployées au cœur du chantier.

Des malaises, puis une évacuation au fil de la matinée, plusieurs habitants, submergés par l’émotion, ont fait des malaises. Ils ont été pris en charge sur place, allongés, hydratés, suivis par les secouristes, selon les équipes présentes. L’incident le plus marquant s’est produit sur l’axe Lac Bleu – Diba-Diba.

 En patrouille de proximité, des travailleurs sociaux ont repéré une femme d’une quarantaine d’années, affaiblie, en détresse respiratoire. Il ne s’agissait pas d’un simple choc émotionnel. La femme souffrait, selon les premiers éléments recueillis sur place, d’une tuberculose non suivie. Elle a été mise en sécurité et évacuée en urgence vers une structure hospitalière pour une prise en charge adaptée.  Sans cette patrouille, elle serait probablement repartie, malade et invisible, au milieu du chaos du déménagement. Une consigne politique : « humaniser »

Le dispositif n’est pas improvisé. Il répond à une instruction répétée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et relayée par le gouvernement : « aucun aménagement ne doit se faire « au prix de la dignité d’un Gabonais ».

La ministre des Affaires Sociales a ainsi demandé à ses équipes d’être non pas « derrière », mais « au cœur de l’opération ». Objectif affiché : écouter, rassurer, orienter, et accompagner les familles vers une solution. Sur le papier, l’accompagnement est plus large. Une aide financière au relogement est annoncée, avec une enveloppe proche de 3 milliards de FCFA pour l’ensemble de l’opération. Des parcelles doivent être mises à disposition à Malibé, à Akanda, dont la viabilisation a été ordonnée dès le 31 octobre. Les titres fonciers y seraient gratuits, selon l’engagement du ministre de l’Habitat, Mays Mouissi. Trois guichets scolaires ont ouvert dès le 28 octobre à Okala, aux Charbonnages et à Diba-Diba pour faciliter le transfert des élèves. Les exhumations et réinhumations doivent être prises en charge par l’Etat, en concertation avec les familles.

Reste à savoir si ce dispositif tiendra sur la durée. A Diba-Diba, mercredi, plusieurs familles disaient encore ne pas savoir où dormir le soir même. D’autres s’interrogeaient sur le montant réel des indemnisations, qualifiées de « dérisoires » par le collectif d’Okala lors de la rencontre du 28 octobre avec la gouverneure de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba.

Pour l’heure, le gouvernement veut montrer un autre visage de la Ve République : un Etat qui aménage, mais qui, dit-il, « n’abandonne personne ». A Okala et Diba-Diba, la route de 30 mètres de large, en 2×2 voies, avec trottoirs et réseaux, se fera. La question, désormais, est de savoir si l’accompagnement humain, très visible ce premier jour, tiendra jusqu’au dernier bâtiment démoli.

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