Au moment où les inspecteurs du travail procèdent à l’installation des syndicats professionnels élus lors des dernières élections professionnelles dans le pays, la confédération syndicale, l’Union générale des salariés responsables, est montée au créneau ce vendredi 04 septembre. Dans une déclaration de presse lue à Libreville, l’UGSR a manifesté son indignation sur le rapport que voudraient faire les autorités entre un délégué syndical et un délégué du personnel. A travers cette interprétation, l‘UGSR y voit une manière de neutraliser l’action syndicale.
Alors que le rapport général issu des élections professionnelles, qui ont eu lieu en avril et en mai derniers, est déjà entre les mains du chef de l’État. Et au moment où les inspecteurs du travail procèdent aux installations des syndicats professionnels élus, un détail, et pas des moindres, risque de freiner ce processus. Il s’agit de l’insuffisance juridique concernant « certaines modalités de représentation et de désignation dans le secteur public ». Pourtant, bien avant la tenue des élections professionnelles, les syndicats avaient un préalable. Mais au lieu de cela, « nous avons eu le sentiment que l’on a voulu transposer au secteur public un mécanisme inspiré essentiellement du secteur privé ».
À l’occasion d’une déclaration de presse à Libreville, ce vendredi 04 septembre, l’Union générale des salariés responsables a fustigé l’ignorance de ce préalable par les pouvoirs publics, qui a des conséquences aujourd’hui. Lors de sa déclaration, Joe-Fred Madouta, le secrétaire général de l’UGSR, a rappelé que « le droit syndical dans le secteur public est encadré par la loi n° 18/92 du 18 mai 1993. Cette loi fixe les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’État ».
« Le délégué du personnel et le délégué syndical constituent deux fonctions et deux logiques distinctes à ne pas confondre. »
Parmi les incongruités révélées par l’UGSR, figure la mauvaise interprétation qui est faite du rôle d’un délégué du personnel et du délégué syndical. Pour avoir organisé les élections professionnelles en tenant compte simplement du mécanisme du secteur privé, « nous constatons avec regret que certains agents, chargés de procéder aux installations, considèrent que les travailleurs exerçant des responsabilités syndicales devraient démissionner de leurs organisations syndicales pour exercer leur mandat de délégué du personnel ». Or, explique Joe-Fred Madouta, « le délégué du personnel et le délégué syndical constituent deux fonctions et deux logiques distinctes à ne pas confondre ». Il insiste sur le fait que le Code du travail gabonais, applicable dans le secteur privé, distingue le rôle du délégué du personnel et celui du délégué syndical. Selon lui, le rôle du délégué du personnel consiste à présenter à l’employeur des réclamations individuelles ou collectives relatives aux conditions de travail et à la protection des travailleurs.
Le délégué syndical joue un tout autre rôle, celui de représentant de l’organisation syndicale. Ils sont choisis par les fédérations syndicales. « Il leur reconnaît des missions en matière de dialogue social, négociation collective et de conflits collectifs ». Face à ces interprétations, l’UGSR exige de voir le texte, la disposition ou encore la base légale qui impose à un responsable syndical du secteur public de démissionner de son organisation syndicale pour exercer un mandat issu des élections professionnelles.
« Nous refusons que les élections professionnelles soient utilisées pour affaiblir les syndicats ».
A travers ces interprétations l’UGSR y voit une manière pour l’administration de neutraliser l’action syndicale. « Et nous le disons avec gravité, nous n’avons pas été contre les élections professionnelles. Bien au contraire, nous avons été parmi ceux qui ont toujours appelé à la représentativité, à la transparence et à la légitimité démocratique, mais nous refusons que les élections professionnelles soient utilisées pour affaiblir les syndicats ».
À travers sa déclaration, l’UGSR insiste sur le fait que un syndicat est un partenaire social, pas un danger pour l’Etat, mais plutôt un instrument de stabilité sociale quand il est fort et responsable. « Nous devons être cohérents. Il n’y a pas de dialogue social sans partenaires sociaux libres. Il n’y a pas de dialogue social sans syndicat capable de s’exprimer », a conclu Joe-Fred Madouta.

