Au moment où le gouvernement gabonais engage une nouvelle phase d’ajustement budgétaire à travers le projet de loi de finances rectificative 2026, une réalité s’impose dans le débat public : la lutte contre la pauvreté n’est plus seulement un slogan politique, mais une urgence nationale. Dans ce contexte, l’essai politique et social de Franck Nguema, « Ce qui est bon pour les Gabonais est bon pour le Gabon », apparaît aujourd’hui comme une contribution majeure à la réflexion sur les politiques sociales et économiques du pays.
Par Pierre Mouchard
À travers le Tome 1 de son ouvrage, l’homme politique gabonais dresse un constat sans détour : le Gabon dispose d’un potentiel économique considérable, porté par ses ressources naturelles, mais cette richesse contraste fortement avec le niveau de pauvreté et les difficultés sociales que vivent encore de nombreux ménages. Ce paradoxe gabonais, longtemps dénoncé par les économistes et les acteurs sociaux, constitue le cœur de son analyse.
Mais au-delà du diagnostic, Franck Nguema avance des pistes concrètes et pragmatiques. Son approche repose sur une idée forte : l’action sociale immédiate doit compléter l’action institutionnelle. Pour lui, lorsque les services publics peinent à satisfaire les besoins essentiels des populations — santé, éducation, accès à l’eau ou soutien au pouvoir d’achat — il devient indispensable de développer des mécanismes de solidarité active et de proximité.
Cette vision se traduit notamment par la promotion des aides sociales comme levier direct de lutte contre la pauvreté. Distribution de kits scolaires, prise en charge de soins médicaux, soutien matériel aux populations vulnérables : l’auteur défend une politique de terrain, visible et concrète, capable de produire des effets immédiats sur les conditions de vie des citoyens.
L’essai met également en avant une conception participative de la gouvernance. Franck Nguema plaide pour une démocratie de proximité, fondée sur l’écoute des citoyens et la présence constante sur le terrain. Une démarche qui vise à rapprocher l’action publique des réalités quotidiennes des Gabonais, loin des approches administratives souvent jugées trop éloignées des préoccupations populaires.
Cette posture politique se distingue aussi par son positionnement institutionnel. L’auteur ne se place pas dans une logique d’opposition frontale. Au contraire, il affirme son soutien au gouvernement du Président Brice Clotaire Oligui Nguema et à la dynamique de refondation engagée par ces derniers, tout en proposant une action complémentaire centrée sur les besoins sociaux urgents. Une stratégie qui privilégie l’efficacité sociale à la confrontation politique.
Et se trouve que plusieurs orientations du projet de loi de finances rectificative 2026 semblent aujourd’hui faire écho aux recommandations développées dans l’ouvrage. Le gouvernement gabonais a en effet choisi de réduire le train de vie de l’État et certaines dépenses publiques, tout en préservant les investissements prioritaires et les filets sociaux destinés aux populations les plus fragiles. Tout en préservant les investissements prioritaires et les filets sociaux destinés aux populations les plus fragiles.
En effet, dans son ouvrage Franck Nguema propose le financement des filets sociaux à partir des économies réalisées dans les coupes budgétaires dans le cadre du programme en discussion entre le Gabon et le FMI, en opérant une redistribution de la richesse nationale plus juste afin de permettre aux populations pauvres (un gabonais sur trois) de pouvoir affronter les chocs de la vie quotidienne.
Dans cette logique, les subventions sur les produits pétroliers, la farine ou encore le carburant destiné au secteur de la pêche industrielle sont maintenues, voire renforcées, afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages et limiter les effets sociaux des ajustements budgétaires. Une orientation qui traduit une volonté claire: rationaliser les finances publiques sans abandonner la protection sociale.
Cette démarche rejoint directement la philosophie défendue par Franck Nguema dans son essai : réduire les déséquilibres économiques tout en protégeant les citoyens les plus vulnérables. En d’autres termes, placer l’humain au cœur de la décision publique.
Dans un Gabon confronté au double défi de la rigueur budgétaire et de l’urgence sociale, « Ce qui est bon pour les Gabonais est bon pour le Gabon » s’impose progressivement comme une contribution politique et intellectuelle qui alimente le débat national sur le modèle de développement à construire.
À travers cet ouvrage, Franck Nguema cherche non seulement à interpeller les décideurs, mais également à redéfinir l’image de l’action politique : une politique tournée vers les résultats concrets, la proximité sociale et la réponse immédiate aux attentes des populations.
Dans un contexte où les Gabonais attendent des solutions visibles et efficaces face à la vie chère et à la précarité, le message porté par l’auteur trouve une résonance particulière : un État fort ne peut exister durablement sans justice sociale, sans solidarité et sans amélioration réelle des conditions de vie des citoyens.

