La Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) traverse une crise profonde, avec son personnel à Libreville qui a décidé de manifester devant le ministère des Transports. Les employés, vêtus de tee-shirts rouges, réclament le paiement de 23 mois de salaires impayés et dénoncent des conditions de travail déplorables ainsi que des cotisations sociales non versées.
Malgré le changement de direction et l’arrivée de nouvelles autorités promettant de revitaliser cet outil de navigation publique, la CNNII demeure dans une situation précaire. La démission du concessionnaire Ebomaf, qui avait signé une convention de 20 ans mais n’est resté que moins de deux ans, a aggravé la situation, révélant l’ampleur des difficultés rencontrées par l’entreprise depuis près de deux décennies.
La CNNII fait face à des défis majeurs, notamment un équipement obsolète, une gestion opaque et un budget de fonctionnement insuffisant. Ces problèmes cumulés selon les agents, plongent l’entreprise dans une crise qui semble sans fin, rendant urgent un véritable plan de redressement pour assurer sa pérennité.

C’est dans ce cadre déplorable que le personnel de la seule compagnie de navigation publique a décidé de quitter son poste de travail, pour organiser un sit-in devant l’immeuble Arambo, siège du ministère des Transports. Depuis plus d’une semaine, vêtue de rouge, ils manifestent pacifiquement dans le but de faire entendre leurs revendications auprès des autorités.
Parmi celles-ci figurent ; le non-paiement de 23 mois de salaires, des conditions de travail inacceptables, ainsi que le non-versement des cotisations sociales, pourtant prélevées sur leurs salaires. Les agents expliquent que ce mouvement est né de l’accumulation de 23 mois d’arriérés de salaires. Fatigués de la situation qu’ils subissent depuis près de six ans, ils ont choisi de dénoncer cette injustice devant le ministère des Transports.
Ils se rappellent qu’en 2020, « des négociations avaient été entamées » avec la direction de l’époque, alors qu’ils étaient déjà à huit mois de salaires impayés. Malheureusement, ces discussions n’ont « abouti qu’à des promesses non tenues ». Après la prise de pouvoir des militaires suite au coup d’État de 2023, les agents affirment qu’ils étaient déjà à 17 mois sans salaire.
Une situation qui a des conséquences dramatiques, « avec des enfants déscolarisés et des collègues expulsés de leurs logements », s’offusquent-ils.
Malgré leur présence continue devant le ministère des Transports, depuis plus d’une semaine, aucune autorité ne s’est manifestée pour les rencontrer, même pas le maitre des lieux. « Ce qui est inacceptable dans un pays de droit », déplorent-ils
S’agissant des cotisations non reversées a la CNSS, ils dénoncent le fait que de nombreux « retraités ne reçoivent pas leur pension, car les cotisations sociales n’ont pas été reversées », les plaçant, selon eux, dans une précarité similaire à celle des agents encore en activité.
Dans un message publié sur sa page Facebook il y a quelques jours, Boris Mba, un cadre de l’entreprise, célébrant ses dix années de service au sein de la Compagnie, a également exprimé ses préoccupations concernant l’état actuel de l’armement national. L’employé a appelé les autorités du pays à prendre conscience de cette situation préoccupante. Selon lui, il est crucial que des mesures soient mises en place pour renforcer et moderniser les capacités de cet outil, qui subit le dictat de la concurrencé.

