La justice a accéléré avec grand pas et un intérêt particulier la procédure visant l’ancien premier ministre Alain Claude Bilie By Nze. 24 heures après son interpellation à son domicile le 15 avril dernier, le président d’Ensemble pour le Gabon a été mis sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville le jeudi 16 avril à 22 heures, après plus d’une heure d’audience, presque en l’absence de ses avocats. Une dette de 5 millions datant de près de deux décennies a vraisemblablement envoyé à nouveau le fils terrible de Ntang Louli à sans famille.
Deux semaines après sa dernière conférence de presse sur le nouveau code de nationalité et près de trois mois après sa tournée médiatique internationale, où il a annonçait sa possible arrestation, Alain Claude Bilie By Nze, a finalement été écroué à la prison centrale de Libreville, à la suite une procédure judiciaire qui a démarré le 15 avril et qui a été précédé par son interpellation devant sa résidence d’Akanda au nord de Libreville. Après une nuit à la Direction générale de la Contre ingérence et de la sécurité militaire, l’opposant déclaré au pouvoir de Libreville, a été présenté devant un procureur le jeudi 16 avril, à 20 heures. Poursuivi pour les faits d’escroquerie et abus de confiance, l’ex rival déclaré d’Oligui Nguema à la dernière présidentielle, a passé près de deux heures d’audience, presque sans avocats, avant d’être mis sous mandat de dépôt.
A l’origine des faits, une dette de 5 millions de FCFA, qui dure depuis 2008. La plaignante serait une dame, qui selon les révélations du média en ligne Gabonreview, fait suite à l’organisation de la fête des Cultures à cette époque. Le média bien introduit dans le dossier révèle que « selon des proches du dossier et des avocats, les fonds du Trésor public tardant à être débloqués à l’époque, des militants du Rassemblement National des Bûcherons (RNB), le parti de Paul Mba Abessole alors vice-Premier ministre chargé de la Culture, avaient décidé de cotiser pour lancer les opérations. Ces «fanatiques», comme les décrivaient alors certaines sources, étaient convaincus d’être remboursés une fois les caisses de l’État ouvertes. La dame aurait ainsi contribué à hauteur de 5 millions de francs CFA. Bilie-By-Nze lui-même aurait versé 3 millions de sa poche. Quand le Trésor n’a finalement jamais procédé aux remboursements, la plaignante s’est retournée contre celui qui incarnait l’organisation : le président du comité d’organisation. Ce dernier l’aurait alors rassurée, lui promettant qu’elle rentrerait dans ses fonds. Une promesse jamais honorée qui, dix-huit ans plus tard ».
Dans l’opinion, chacun y va de son commentaire. Si la dette est réelle, pour beaucoup, c’est la manière dont l’ex patron de l’administration gabonaise a été arrêté et la vitesse avec laquelle le milieu judiciaire a fait avancer la procédure l’ayant conduit en prison.

