Ce jeudi 9 avril, lors de la session ordinaire du Conseil municipal de la commune de Libreville, la majorité des conseillers a rejeté le projet de budget prévisionnel pour l’exercice 2026. Les élus ont exprimé que ce budget ne correspondait pas aux priorités de la ville, mais favorisait plutôt le cabinet du maire, Pierre Mathieu Obame Etoughe.
Comme prévu, cette session s’est déroulée dans une ambiance tendue entre la majorité des conseillers et le président du conseil municipal. Il s’agissait de la première réunion de ce type depuis l’installation du nouveau bureau. Sur les 145 conseillers municipaux, 142 ont voté contre le budget, tandis que 3 se sont abstenus. Ce rejet s’explique par un budget jugé peu sincère face aux défis de la commune, avec une part significative réservée aux charges du cabinet du maire.
Régis Ulrich Nguema, porte-parole des conseillers municipaux de l’UDB, a qualifié le projet de budget de « irréaliste et non sincère ». Le conseiller municipal a dénoncé l’augmentation exponentielle des charges du personnel du cabinet, qui sont passées de 1,8 milliard à 3,2 milliards, représentant ainsi 10 % du budget. « C’est un augmentation vertigineuse », s’est-il offusqué.

Un projet de budget éloigné des priorités sociales
Les conseillers de l’Union Démocratique des Bâtisseurs ont exprimé leur préoccupation concernant l’absence d’une politique de proximité, notamment à travers la décentralisation, dans le projet de budget primitif. Ils ont déploré que ce dernier ne prenne pas en compte les aspects sociaux, ce qui, selon eux, ne correspond pas à la vision des plus hautes autorités du pays. Régis Ulrich Nguema, a souligné que cette situation « ne cadre pas avec les attentes des autorités. De plus, il a été dénoncé le refus du maire d’allouer un budget important aux arrondissements, soit 600 millions au troisième arrondissement et 500 millions aux cinq autres arrondissements.
Moins de priorités sur les recettes
Lors des débats, il a été noté qu’il manquait des prévisions pour des produits importants. Les conseillers ont mis en avant le rôle de l’Inspection Générale Municipale, « une entité qui génère des revenus ». Les conseillers disent avoir constaté qu’au cours des exercices précédents, des ressources avaient toujours été provisionnées pour cette rubrique, mais cette année, aucune recette n’a été allouée aux amendes, ce qui suscite des interrogations.
« Nous avons comme un sentiment que certaines ressources ont été occultées », a déploré Régis Ulrich Nguema
Pour les conseillers, cette situation soulève des questions sur la transparence et la gestion des finances municipales, ils appellent à une réévaluation des prévisions budgétaires afin de garantir une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et économiques.
Quid du projet de la digitalisation ?
Pourtant présenté comme un projet important, la digitalisation, une clé pour moderniser l’administration municipale et améliorer le recouvrement des recettes, n’a pas été gâté. Les conseillers municipaux ont été surpris de constater qu’une somme peu considérable de 30 millions a été allouée à ce projet. Ils ont exprimé leur indignation, soulignant que ce montant est irréaliste et qu’il ne permettra pas d’atteindre les objectifs fixés par les autorités.
Si pour l’heure, la question du débarquement de l’actuel président du conseil municipal de Libreville n’est pas encore à l’ordre du jour, le conseil devant se référer aux procédures et à la hiérarchie, les conseillers municipaux quant à eux, vont se référer « à la direction de notre parti ».

