Propriétaire d’un terrain de plus de 20 000 m² à Angondje, dans la zone de Mangoumba, Jean Robert Bimouila, a été contraint de céder une grande partie de son espace à la Société nationale immobilière, sous prétexte que ses maisons se trouvaient sur la voie. Et comme si cela ne suffisait pas, la Sni grignote encore les quelques 1 000 m² restants. Devant presse le week-end dernier, Jean Robert Bimouila a lancé un appel au président de la République pour obtenir de l’aide.
La commune d’Akanda, au nord de Libreville, continue de faire face à des litiges fonciers récurrents. C’est le cas pour la famille Bimouila. Jean Robert, le patriarche de la famille, affaibli par l’âge et la maladie, observe avec désespoir la manière dont la Société nationale immobilière s’approprie plus de 20 000 m² de son terrain, initialement évalué à 21 880 m².

Le sexagénaire qui a réuni la presse le weekend écoulé sur les lieux, souligne qu’il avait été convenu de détruire simplement la barrière, mais dit, constaté avec amertume que la situation a pris une tournure inattendue.
Installé dans cette zone depuis les années 70, alors considérée comme une forêt classée de la Mondah, Jean Robert Bimouila affirme avoir contacté les autorités compétentes, dont l’ANNUTTC, pour vérifier et documenter sa situation. Selon lui, toutes les démarches ont été effectuées dans les règles de l’art, comme en

témoignent les documents en sa possession, comprenant des quittances et un document de délimitation, qui attestent de la légitimité de sa propriété.
« Nous avons reçu ici le directeur général de la Sni, Monsieur Jean Pierre Ondounda, qui a évoqué la situation de la barrière », raconte-il. Cependant, quelques jours après sa visite, continu-t-il, « des équipes de la Sni, sont venues avec un plan indiquant que la voie passerait entre nos maisons. Elles ont refusé de nous montrer ce plan, nous renvoyant plutôt à leur siège, où nous avons découvert que nous étions désormais propriétaires d’une parcelle de 1802 m² ».
Face à cela, « nous avons décidé de régulariser la situation foncière, en procédant au paiement d’une avance de 400. 000 FCFA. À notre grande surprise, les équipes de la SNI sont revenues pour effectuer des travaux de terrassement, entraînant la destruction de nos manguiers et palmiers ».

Une situation qui affecte profondément les membres de notre famille. Jonelle Bimouila Mbengha, l’une des filles de la fratrie, a donc appelé à l’intervention du président de la République, lui demandant de s’impliquer « dans ce conflit qui nous oppose à la SNI. Nous sommes fatigué face à cette situation et notre désir est de trouver une issue pacifique ».
À Angondje/Mangoumba, les habitants se plaignent régulièrement des interventions des agents de la SNI, qui semblent agir sans l’aval de leur hiérarchie, selon eux. Cette impression d’improvisation suscite des tensions au sein de la communauté, qui souhaite que la situation soit clarifiée et que les droits des citoyens soient respectés.

