Au Gabon, la lenteur des procédures judiciaires suscite une frustration croissante parmi les justiciables et les prévenus. Pour remédier à cette situation, le logiciel ‘’BEMA’’ a été développé et présenté officiellement le 10 janvier dernier à Libreville dans le cadre d’un séminaire, qui a réuni, magistrats et auxiliaires de la justice. Ce nouvel outil est conçu pour répondre aux spécificités du système judiciaire gabonais, avec pour objectifs principaux la sécurisation des données judiciaires et l’accélération du processus décisionnel.
‘’BEMA’’ représente une avancée significative pour le monde judiciaire gabonais. Conçu grâce à une collaboration entre l’entreprise JBSOFT Gabon, des magistrats et des auxiliaires de justice, ce logiciel vise à résoudre des problèmes tels que la lenteur des procédures, la perte de dossiers et la surpopulation carcérale.
Selon son concepteur, Jonas Beyeni, ‘’BEMA’’ a été élaboré pour « interconnecter efficacement la Police, la Justice et les Prisons» facilitant ainsi le partage d’informations. En plus de s’attaquer à la lenteur administrative, ‘’BEMA’’ vise également à lutter contre l’insécurité juridique, le manque de statistiques et la déconnexion entre les différents services.
« Actuellement, la Police, le Tribunal et la Prison fonctionnent souvent de manière isolée, ce qui entraîne des ressaisies d’informations et des erreurs potentielles. Grâce à BEMA, l’objectif est d’améliorer la fluidité des échanges et d’optimiser le fonctionnement du système judiciaire gabonais ».
BEMA, défini comme un « système de gestion judiciaire intégré », vise à établir un « dossier unique » pour chaque justiciable, de son arrestation à sa libération. Jonas Beyeni souligne que ce système ne se limite pas à un simple traitement de texte, mais constitue un ERP (Progiciel de Gestion Intégré) capable d’automatiser des tâches juridiques complexes.
Au sein des forces de l’ordre, « l’OPJ saisit la procédure, et BEMA génère automatiquement le procès-verbal. Une fois au tribunal, le dossier est transmis numériquement, permettant au greffier d’enregistrer l’audience dans le logiciel, tandis que le juge valide les informations. BEMA rédige ensuite le jugement et les mandats, facilitant ainsi le travail des magistrats. Dans les établissements pénitentiaires, le mandat de dépôt apparaît instantanément sur l’écran du directeur, avec un calcul automatique de la date de fin de peine ».
BEMA agit comme un assistant pour le système judiciaire, proposant des modèles et calculant les délais, tout en laissant la décision finale à l’humain, c’est-à-dire au magistrat. De plus, « ce système est conçu pour fonctionner sur le réseau sécurisé de l’ANINF, ce qui réduit considérablement les risques d’attaques externes grâce à des pare-feu robustes ».

