Entamée le 14 janvier dernier, la grève des hommes de loi a, comme le craignaient les justiciables, entraîné une apoplexie de la justice. Une situation qui ne laisse pas indifférents les avocats du Gabon, qui ont déploré ce blocage sans pareil de l’appareil judiciaire.
Par Sylvain Obame
Depuis plus d’un mois, l’appareil judiciaire est quasiment à l’arrêt du fait de la grève des magistrats. Une situation qui a de multiples conséquences sur le travail des avocats et des justiciables. En effet, bon nombre d’innocents croupissent encore en prison en attente de jugement et les cellules ne font que se remplir en parallèle.
Une situation que n’a pas manqué de fustiger le bâtonnier de l’ordre des avocats du Gabon, Raymond Obame Sima « Les avocats sont contraints de rester chez eux, sans activités. Les justiciables, y compris ceux qui devraient être libérés, sont bloqués dans les prisons. Pire encore, les déferrements continuent, mais sans perspective de jugement dans des délais raisonnables. C’est une situation inacceptable ».
« La loi doit être respectée par tous, y compris par ceux qui l’appliquent. La grève doit s’organiser dans le cadre légal, avec un service minimum garantissant le fonctionnement de la justice » a-t-il ajouté.
Reconnaissant la légitimité des revendications des magistrats, les avocats déplorent toutefois le non-respect du cadre légal dans leurs revendications à l’origine du blocage de l’appareil judiciaire. « La grève est un droit, mais elle doit s’exercer dans le cadre défini par la loi. Les magistrats ont des revendications légitimes, mais ils ne peuvent pas paralyser entièrement le système judiciaire. « Nous allons rappeler au gouvernement et aux magistrats leurs responsabilités respectives », a prévenu Raymond Obame Sima.
Pour ramener la sérénité dans la maison de la justice, l’ordre des avocats s’engage à jouer la médiation entre le gouvernement et les magistrats qui revendiquent la mise en application de leur statut particulier.