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Tribune/La journée Martine Oulabou: les enseignants sous les lambris et l’enseignement sous les débris

La journée de l’enseignant a été vécue le 23 Mars dernier avec un faste nécrologique car, autant les médailles ont été accrochées sur les poitrines faméliques, disaient les mêmes, des différents récipiendaires pour la plupart choisis, disent les anciens de la profession, plus par leurs connivences syndicales avec les autorités politiques de l’enseignement que leur ancienneté, compétence ou engagement dans la recherche des performances professionnelles et autres améliorations des conditions de vie et de travail de ces pères et mères de familles qui ne passent pas une année, qu’ils ne mettent aux yeux du monde leur sempiternel mal-vivre et mal-être.

Par Jean Hilaire Biteghe Obame, Journaliste d’investigation

Une journée de cocus pour une journée de repus

Dans un climat à haute température sociale, la journée de réflexion et de souvenirs dédiée à l’une des leurs, morte sur le champ de bataille pour une meilleure école gabonaise s’est tenue dans une ambiance aux antipodes du vécu récent de ces professionnels de l’éducation regroupés au sein du fameux regroupement très justement baptisé ‘’SOS ÉDUCATION’’. Un faste d’une journée qui a fait oublier les cris et les larmes de

Jean Hilaires Biteghe Obame , journaliste d’investigations, ©D.R

plusieurs milliers d’enseignants précarisés voir maltraités comme ils aiment à le dire eux-mêmes depuis plusieurs décennies. Ces hurleurs de première heure ont tout simplement oublié le martyr qu’ils dénonçaient à gorges déployées et surtout la rétention de leurs droits (suivis des carrières, valorisation des acquis professionnels, prise en compte salariale, reconnaissance administrative de leurs statuts d’enseignants etc).

 Les très amis et dociles partenaires des pouvoirs politiques sur les sujets politiques ont tous bombé les torses pour recevoir des médailles de quoi on ne sait et pour aller applaudir, à se rompre les phalanges l’annonce  faite par le Chef de l’État, bien sûr tant attendue et juste de paiements de frais de mission pour une mission qui a été effectuée il y a une année, comme si c’était la règle pour tous les ordres des missions. Un droit acquis qui soulève une liesse qui peut s’expliquer à peine, si ce n’est pas les effets des lambris du Palais présidentiel ou encore le réflexe presqu’incontrôlé du moutonnisme résiduel. Dans tous les cas ou sous d’autres cieux, un tel spectacle, complètement iconoclaste à ce qui a toujours été présenté par ces plaignants que le peuple finira par considérer plaintifs sans plus et invétérés.

 Le réel vécu de cette catégorie des agents de l’État commence à faire penser aux parents d’élèves, qu’ils sont en définitive, les dindons de la farce et que les larmes souvent versées par ceux-là à qui, ils confient la formation de leurs enfants avec l’encadrement de l’État ne sont que des pièges pour mieux garder nos enfants en otages parce que, nos enfants sont réellement leurs otages à quelques exceptions près.

Les syndicats de l’éducation nationale et leurs décorés coptés.

 Il est du bon citoyen une obligation de répondre avec célérité à une invite du Président de la République, tout comme il est recommandé de l’écouter avec révérence et responsabilité afin que chaque mot et chaque attitude conviennent à l’instant de la rencontre et la solennité des sujets évoqués mais, recouvrir ces moments de souvenirs et de réflexions à une salle de théâtre ou à un meeting politique dénature la vérité de l’instant et donne l’aspect d’une rencontre d’un homme politique avec ses ouailles alors que Brice Clotaire Oligui en voulait une rencontre de l’homme d’État avec les forces vives et acteurs de développement mais les reptiliens l’ont transformé en une foire aux chocolats et ce fut bien dommage.

Les syndicats ont fait décorer leurs adhérents au détriment du mérite, le Chef de l’État a donné l’ordre de payer les fameuses vacations des enseignants dans les heures qui suivent et les bourses des élèves et étudiants dans un délai raisonnable. Il a honoré les enseignants en convoquant tout le gotha de la République (gouvernement et institutions), il y a eu sûrement à boire et à manger, le gouvernement et les grognons de façade de l’éducation nationale se sont retrouvés la main dans la main parce que ayant du coup blanchies celles qui hier étaient considérées comme noires.

Tout est bien qui finit bien diraient certains mais la journée de l’enseignant qui est aussi la journée de l’apprenant, au sortir de ce trop de couleurs, nous rassure-t-elle que désormais tout le monde sera désormais dans les salles de classe et que réellement, les enseignants font cours aux apprenants ?

 

 

 

 

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