Un mois après la suspension des réseaux sociaux au Gabon par la Haute autorité de la communication, le ministre gabonais de la Communication et des Médias a rencontré le corps diplomatique à Libreville, le 21 mars dernier, pour expliquer les raisons de cette décision. Lors de cette rencontre, Germain Biahodjow a également abordé le prolongement de la suspension et a présenté le cadre juridique numérique en cours d’élaboration.
Lors de cette rencontre les diplomates ont exprimé leur respect pour la décision de la Hac et du gouvernement, saluée pour sa transparence par l’ambassadeur du Maroc, vice-doyen du corps diplomatique. Ils néanmoins, rappelé l’importance de respecter les engagements internationaux.
Selon eux, toute réforme numérique doit être conforme aux normes établies par la Convention de Vienne. Selon le média en ligne Directinfos, les diplomates ont mis en avant les impacts directs de ces restrictions sur l’exercice de leurs fonctions. Soulignant que la coupure d’accès aux réseaux sociaux entrave non seulement la communication citoyenne, mais complique également le travail quotidien des représentations étrangères, qui dépendent de ces outils pour mener à bien leurs missions.
Au Gabon, la Haute autorité de la communication a annoncé le 17 février la suspension des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre. Cette décision a été prise pour lutter contre la diffusion de contenus considérés comme « diffamatoires, haineux et nuisibles à la sécurité nationale », en violation du Code de la communication. Selon la Hac de tels contenus portent atteinte à la dignité humaine, à l’honneur des citoyens et à la stabilité des institutions, tout en menaçant l’ordre public.
Cette mesure, avait indiqué le régulateur des médias, s’inscrit dans le cadre de la loi n°019/2016 du 9 août 2016, qui régule la communication en République gabonaise, ainsi que dans le respect des normes internationales relatives à la communication numérique.
Un mois après cette suspension, de nombreuses activités ont été gravement affectées. Certaines d’entre elles peinent encore à s’adapter à l’absence de réseaux sociaux, ce qui soulève des questions sur l’impact de cette décision sur la vie quotidienne et les interactions sociales au Gabon.
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