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Lutte contre le terrorisme : quel rôle a joué la France dans le Sahel?

Une question qui vaut son pesant d’or face aux interprétations et autres affirmations qui indiquent que la présence de l’armée française dans le Sahel, à travers les opérations Serval et Barkhane de 2014 à 2021, n’a enregistré aucun progrès en matière de lutte contre le djihadisme islamique dans cette partie du continent.

Par Junior Akoma

Les tenants de cette thèse tentent de se justifier face à l’amplification des actes terroristes dans le Sahel, après le départ de l’armée française. Rattrapé par la réalité sur le terrain, avec une sérieuse montée du terrorisme, les pays concernés et leurs nouveaux, quatre ans après, sont très débordés.

«Nous constatons une fréquence des attaques, et des faiblesses dans la capacité des Etats à y répondre. Mais surtout, la capacité des groupes extrémistes violents à extraire des ressources, comme l’or, le soja, les flux financiers illicites, pour financer leurs combats et leur recrutement, est devenue assez importante », explique Kwesi Aning, directeur de l’institut sécuritaire public ghanéen KAIPTC.

Pendant deux jours, fin janvier 2026, chefs d’Etats et ministres des pays de l’Afrique de l’ouest se sont réunis à Accra, capitale du Ghana pour débattre de la question sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Mais la conférence a fait le constat que l’entente régionale s’est dégradée à la suite des coups d’Etat, en Guinée, au Mali, Burkina Faso, Niger et en Guinée Bissau, entre 2021 et 2025. «Les Etats membres de la Cedeao ne peuvent répondre à ces problèmes que s’il existe une relation de confiance, s’il y a un partage de renseignements, si les agents aux frontières peuvent réagir très rapidement aux problèmes mineurs susceptibles d’escalader», a poursuivi Kwesi Aning.

L’armée française accusée à tort ?

Au regard de la propension du terrorisme dans le Sahel et le nombre de morts qu’il a causés ces dernières quatre années, l’honnêteté  voudrait qu’on reconnaisse les efforts  de l’armée française dans le Sahel de 2014 à 2021. Sa présence dans la zone, qui a d’ailleurs coûté la vie à 58 militaires (57 hommes et 1 femme), a été remarquable dans la lutte contre le terrorisme qui est un travail de longue haleine avec des stratégies communes entre les pays victimes.

De décembre 2014 à juillet 2021, l’armée française a arrêté et neutralisé plusieurs cadres des groupes islamiques qui sévissent dans le Sahel permettant ainsi d’affaiblir les structures de commandement desdits groupes. D’Ahhmed El Tilemsi à Issa AL Sahraoui, en passant par Dadi Ould Chaib, Abdelmalek Droukdel, Mohamed el Mrabat, Bah Ag Moussa… L’armée française a déployé des stratagèmes visant à affaiblir considérablement cet ennemi qu’est le terrorisme.

Aujourd’hui, les chiffres sont alarmants : en 2024, pour ne prendre que cet exemple, sur 7555 morts causés par le terrorisme dans le monde, plus de la moitié, soit 3885 morts ont été comptabilisés en Afrique de l’Ouest. Les terroristes affiliés à Al Al-Qaïda et à l’Etat Islamique (EI) contrôlent de larges pans et ont la capacité d’assiéger les villes importantes comme la capitale du Mali comme ce fut le cas entre septembre et novembre 2025.

 

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