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Grève dans les médias publics : bras de fer entre directions et personnel grévistes ?

Au siège de Gabon Première et de Radio Gabon, les agents en grève ont été contraints de signer une lettre d’identification pour accéder aux locaux, provoquant une agitation ce lundi 26 janvier.

En grève depuis la semaine précédente, le personnel des médias publics, qui a déjà mis en place un service minimum, appelle aujourd’hui à l’intervention des plus hautes autorités du pays. Cette demande fait suite au refus des directions des médias de reprendre les négociations, comme recommandé par le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow.

La fiche d’identification ©DR

 

Les agents grévistes ont été surpris d’apprendre qu’ils devaient signer un document d’identification pour entrer dans le bâtiment, alors qu’ils étaient présents pour assister à la cérémonie de levée des couleurs et reprendre le travail, conformément aux accords passés avec le ministre.

Ce document exigeait des informations personnelles telles que le nom, la direction, le service, la fonction, ainsi qu’un motif de présence, accompagné d’un engagement à ne pas perturber le bon fonctionnement des services.

Cette exigence a suscité une vive réaction des agents grévistes, qui dénoncent « un manque de volonté » de la part de leurs responsables. Ils affirment être injustement accusés de « vandalismes », alors qu’ils n’ont causé aucun dégât et ont refusé de signer le document d’identification.

Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre le personnel et la direction des médias publics.

Les agents des médias expriment leur mécontentement face à l’attitude des responsables, qu’ils jugent « irrespectueuse » envers le ministre. Selon Hervee Ndzighe, le president du Syndicat national des professionnels de la communication du Gabon (Syprocom), ce dernier a demandé la reprise des négociations, « ce qui n’est pas le cas, car aucune discussion n’a été relancée ». Ils soulignent également que les directeurs généraux n’ont pas respecté la demande du ministre d’accorder l’accès aux agents dans le bâtiment, illustrant ainsi une défiance envers l’autorité, selon eux.

 Depuis le début de la grève illimitée, les agents ont restreint leurs activités à une plage horaire se terminant à 15 heures. Cette situation a eu pour effet de réduire la durée des journaux télévisés et radiophoniques, qui passent de 30 minutes ou plus à seulement 10 minutes. Cette limitation impacte significativement la qualité et la quantité d’informations diffusées.

Dans son cahier de charges, le Syndicat national des professionnels de la communication du Gabon (Syprocom) dénonce  le blocage de plusieurs dossiers cruciaux, tels que l’instauration d’un statut particulier pour les communicateurs, le paiement de la Redevance de l’audiovisuel et de la communication (RAC), ainsi que la réforme du secteur public audiovisuel. Vendredi dernier, une réunion a eu lieu entre le ministre, les agents en grève et les directeurs généraux pour tenter de trouver une issue à cette crise.

 

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