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Au Gabon, l’interpellation de deux figures syndicales inquiète l’opinion publique

Deux figures syndicales bien connues du Gabon ont été arrêtées par la Direction générale des Recherches. Bien qu’aucune explication officielle n’ait été fournie concernant ces interpellations, beaucoup estiment que Marcel Libama et Simon Ndong Ezo ont été ciblés en raison de leur engagement et de leur soutien au mouvement de grève qui affecte actuellement le secteur de l’éducation. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein de l’opinion publique.

Le mouvement de grève, initié par les enseignants le 5 janvier dernier, reste actif, et les arrestations de ces deux leaders syndicaux, qui ont participé à l’assemblée générale des enseignants le 17 janvier, soulèvent des préoccupations.

Marcel Libame a été appréhendé à l’aéroport de Libreville alors qu’il se préparait à se rendre à Port Gentil, selon l’Agence gabonaise de presse. D’après des sources judiciaires, il serait accusé d’entrave à l’accès à un lieu de travail et de pressions sur des enseignants non-grévistes, souligne une soyrce judiciaire de Gabonactu.

Simon Ndong Edzo, membre du Bureau national du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), a quant à lui été arrêté à son domicile, ce mardi 20 janvier, par des agents de la DGR, une information confirmée par ses collègues syndicaux.

Ces interpellations ont provoqué une inquiétude croissante parmi les enseignants et la population, qui craignent des répercussions sur la liberté d’expression et le droit de grève.

Selon un communiqué de Ensemble pour le Gabon, le parti d’Alain Claude Bilie By Nze , ces interpellations sont «la preuve manifeste d’une dérive autoritaire qui menace l’État de droit dans notre pays». Ce, souligne EPG,  «la Constitution garantit la liberté syndicale, la liberté d’expression et la liberté de la presse».

Alors que d’aucuns mettent en avant le statut de retraité des deux syndicalistes, pour Ensemble pour le Gabon, le statut de retraité ne saurait justifier une quelconque limitation des droits civiques. «Le soutien moral, intellectuel ou discursif à un mouvement social relève de l’exercice normal des libertés syndicales et citoyennes», souligne le communiqué.

Le parti appelle à «la remise en liberté immédiate de toutes les personnes concernées», tout en soulignant que «le Gabon a besoin de dialogue, de droit et de paix sociale, non d’intimidation». Tout comme EPG, souligne que le pays est déjà exacerbé par «la précarité, le renchérissement du coût de la vie et l’essoufflement du dialogue social», «répondre aux revendications par la peur et l’intimidation aggrave la crise au lieu de la résoudre ».

Au-delà d’Ensemble pour le Gabon, ces interpellations suscitent des débats dans les milieux syndicaux que sur la toile.

 

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