Le football gabonais s’enlise encore un peu plus chez les dames. Point n’est besoin de revenir sur les dernières déconvenues face au Mali. Un double affront de plus qui coïncidait avec le redéploiement de la tutelle ponctuée de l’élévation au poste de vice-président de la confédération africaine de football de notre compatriote Pierre Alain Mouguengui, l’un des chef de file des réformateurs du sport roi.
Par Patrick Bibang, Journaliste
La question n’est pas de pointer qui que soit à l’index, ni d’envisager un traitement spécial avec la désignation du président actif de la FEGAFOOT mais croyons-nous, de relever en revanche les lacunes qui n’augurent point de lendemains victorieux des félines A, en passant par les cadettes, les juniors et les espoirs. Bien que l’on puisse néanmoins espérer de bons résultats, avec l’apport des individualités disséminées à travers le monde. Bémol cependant avec une dizaine de compatriotes, pour ne citer que Viviane Asseyi, l’une des pièces maîtresses des tricolores françaises, qui ne rejoindront jamais la tanière.
L’organisation de véritables championnats de D1 et D2 devient une exigence pour la ligue nationale de football féminin. Le bât blesse depuis l’impasse née du rejet du bilan financier de la deuxième assemblée générale ordinaire qui ne contenait que des prêts le 16 mai dernier. La marge de manœuvre de la présidente Odile André Ossawa est très étroite à ce jour. C’est à se demander si la conjoncture ne serait-elle pas, d’envisager d’autres sources de financement ? Un partenariat avec des annonceurs pourquoi pas ? Rien n’est moins sûr puisque une corrélation entre le ministères des sports, de l’éducation nationale et de la femme n’est même pas à l’ordre du jour.
De là à assimiler les sorties des selections nationales à un désastre tant administratif, que sportif qui a certainement valu l’éviction du ministre sortant des sports sortant, il n’y’a qu’un pas à franchir. La tentative hasardeuse des communicants de la fédération gabonaise de football n’a rien apporté de concret. Sauf bien entendu à justifier les dépenses, avec l’argent du contribuable. La spécialisation à l’Institut national de la jeunesse et des sports ne saurait être négligée. Partant du fait que la formation diplômante n’est pas toujours accessible à d’anciennes gloires, au parcours scolaire incomplet. Bien heureusement, une corporation de footballeurs professionnels y pense depuis peu. Deux anciennes joueuses peuvent faire figure de modèles. L’actuelle cheffe du service provincial des sports de l’Estuaire, Bérangère Minang et la professeur certifiée d’éducation physique et sportive Paule Edna Magamamucketu. Elles savaient a chaque sortie allier la technique et la combativité à l’élan patriotique.
Les humiliations des sélections constituées à la hâte devraient servir à la communauté sportive dans sa globalité. Sauf de brandir le prétexte fallacieux, d’eviter au Gabon des pénalités d’un forfait. Disons le tout de go, la participation des panthères à la prochaine CAN du Maroc, subsidiairement les prochains jeux olympiques des jeunes de Dakar ne sauraient, une fois de plus marquer la figuration qui caractérise un peu trop la participation de notre pays aux compétitions internationales. Le nombre de médaillés serait synonyme d’un sursaut inespéré, dans la métropole sénégalaise. Tout succès ayant toujours des répercussions positives sur la jeunesse, la prétention d’atteindre à court terme le niveau des lionnes indomptables du Cameroun serait dispoportionnée. Encore moins les tenants du titre continental d’Afrique du sud. La Guinée équatoriale reste l’un des cas les plus plausibles en dépit de la faible démographie, ajoutée à la rareté des cadres techniques d’exception. Il faut s’y rendre pour apprécier le travail effectué dans ce pays frontalier où notre compatriote Rudy Name Nzé fait les beaux jours de l’équipe de “15 de agosto d’Akonibé”.
L’on croirait à première vue que tout se résume dans cet État insulaire, à un coup de baguette magique, encore moins à la manne pétrolière. Que nenni! Tout juste l’organisation et l’abnégation. Le moment est venu pour une refonte en profondeur de notre football féminin. Il faut tourner la page afin de donner une chance à une génération qui ne demande rien d’autre, sinon honorer le vert-jaune-bleu.