Le Gabon a récemment procédé à l’apurement complet de ses créances envers la Banque Mondiale, pour un montant total de 17,9 milliards de francs CFA. Cette décision marque une étape importante dans la stratégie de redressement économique du pays et renforce sa crédibilité auprès des institutions financières internationales.
Par Louis-Paul MODOSS; Chroniqueur économique
Un Pas Vers une Gestion Budgétaire Plus Saine
Ce règlement intervient dans un contexte où le Gabon cherche à assainir ses finances publiques après une période marquée par des défis économiques et politiques, notamment la transition post-Bongo et la nécessité de stabiliser l’économie nationale.
Le paiement de cette dette traduit une volonté affirmée des autorités gabonaises d’améliorer la gouvernance financière, un point souvent critiqué par les bailleurs de fonds. En s’acquittant de cette obligation, le pays réduit son endettement externe et envoie un message rassurant aux investisseurs internationaux.
Quels Impacts pour l’Économie Gabonaise ?
L’apurement de cette créance a plusieurs implications positives :
- Restauration de la confiance des institutions financières : Ce règlement montre que le Gabon est capable d’honorer ses engagements, ce qui pourrait faciliter l’obtention de nouveaux financements à des taux plus avantageux.
- Amélioration de la notation financière : En réduisant sa dette vis-à-vis de la Banque Mondiale, le Gabon pourrait améliorer sa note de crédit auprès des agences de notation, rendant plus attractifs les emprunts souverains futurs.
- Réduction de la pression sur les finances publiques : L’assainissement de la dette permet de dégager des marges de manœuvre budgétaires, qui pourraient être réorientées vers des secteurs prioritaires tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.
Quelles Perspectives pour la Suite ?
Si cette initiative est un signal positif, elle ne doit pas masquer les défis économiques du Gabon, notamment la diversification de l’économie, encore trop dépendante du pétrole, et la lutte contre le chômage.
Les autorités devront désormais renforcer la discipline budgétaire et mettre en place des politiques visant à attirer des investissements productifs pour éviter un nouvel endettement excessif.
En conclusion, l’apurement des 17,9 milliards FCFA dus à la Banque Mondiale est une avancée significative vers une gestion financière plus rigoureuse et une meilleure crédibilité internationale. Cependant, cette dynamique devra être accompagnée de réformes structurelles pour garantir une croissance durable et inclusive.
Louis-Paul MODOSS
Chroniqueur économique