Localité du département de la Boumi-Louétsi, dans la province de la Ngounié, Mbigou connaît une ambiance électrique ces derniers temps, marquée par la colère des populations qui y vivent, ainsi que bon nombre de ses ressortissants disséminés dans les localités environnantes et dont la capitale provinciale à Mouila. A l’origine de la tension qui gagne en intensité à Mbigou, le projet du redécoupage administratif qui serait dans les starting-blocks, visant à retirer une partie de la localité à partir du canton Wano Ivindzi, au profit du département de la Louétsi-Wano à Lebamba.
Si pour l’heure les motivations d’un tel projet jugé inique par la critique populaire ne sont pas encore clairement élucidées, il n’en demeure pas moins vrai que celui-ci risque, s’il venait à se concrétiser, d’occasionner un conflit entre les ressortissants de Mbigou et ceux de Lébamba. Le témoignage d’un notable rencontré dans cette ville encore appelée » la ville de la pierre » illustre la désapprobation des filles et fils de Mbigou:
» Depuis toujours, les populations de la Ngounié vivent en parfaite symbiose, puisque nos familles sont liées pour la plupart par les liens du mariage et on n’a jamais connu par le passé un litige territorial avec les localités voisines. Mais nous sommes surpris d’entendre que les pouvoirs publics veulent couper une partie de Mbigou pour qu’elle devienne une circonscription de Lébamba. Là, nous ne l’accepterons jamais ».
Et au notable d’ajouter : « nous attirons l’attention du président Oligui Nguema et le CTRI, car nous savons que le CTRI est venu restaurer les institutions y compris la dignité du peuple, et non pour créer les problèmes là où il ne faut pas, car rien ne justifie un tel projet sordide« .
A ce qui apparaît, l’attention des autorités de la transition est attirée par les populations de Mbigou, qui n’entendent pour rien au monde, céder à ce qui apparaît comme un caprice d’une main noire tapis dans l’ombre et qui voudrait tirer un profit personnel autour de ce projet de délestage d’une partie de Mbigou. Idée plutôt saugrenue, de l’avis d’un étudiant de l’UOB originaire de cette localité désormais sous tension. Selon cet étudiant: « les auteurs de la démarche visant à diminuer Mbigou en superficie devraient se ressaisir pour préserver la paix dans cette partie de la Ngounié« .
Selon nos sources, Mbigou est déjà l’une des localités de la province de la Ngounié qui, malgré de nombreux cadres dont elle regorge, est écartée de la gestion du pays. Les cadres de Mbigou, à ce qui apparaît, sont privés de postes dans la haute administration, puis au gouvernement.
Une réalité qui contraste avec celle des autres localités de la province. Culminant à 700 mètres d’altitude entre les collines, Mbigou compte plusieurs milliers d’habitants.