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Libre Propos/ La Psychologie Positive : Une alternative pour faire face au traumatisme ?

Il faut savoir que le traumatisme est un évènement violent qui surgit sans avertissement et auquel le sujet n’est pas préparé ; cet évènement brutal qui prend le sujet par surprise entraine sur le plan psychique une effraction, ce qui fait que le psychisme est débordé (T. Bokanawski, 2010). Pour notre part, le traumatisme doit être entendu ici, comme tous les évènements de la vie qui viennent déstabiliser l’individu sur tous les plans (professionnel, affectif, familial, intellectuel, …) et auxquels il doit, en effet, faire face. Pour remédier au traumatisme, la Psychologie Positive apparait comme une alternative pertinente. Qu’en est-il exactement de cette dernière ? Et que préconise-t-elle ?

Héritière du courant humaniste, installée et reconnue aux Etats-Unis, la Psychologie Positive fait son apparition en France autour des années 2000 et nous l’espérons, prochainement, en Afrique. Courant éphémère pour les uns, véritable tournant dans la conception de la santé mentale et la prise en charge du patient pour les autres, nous pensons que la Psychologie Positive bouscule la tradition clinique et interroge les pratiques. Centrée sur les forces du patient plutôt que sur ses symptômes, prônant l’espoir et l’optimisme contre la rumination et la détresse, la Psychologie Positive répond à la maladie mentale par une clinique positive de la santé, du bonheur et des forces humaines propres à chaque individu. En renforçant les traits positifs de la personnalité des patients, elle leur permet de devenir créatifs, co-thérapeutes et d’accroitre leur capacité de mieux vivre et de mieux affronter les vicissitudes de la vie (F. Mehran, 2010).

L’école freudienne considère que c’est l’émotion qui provoque la pensée, alors que l’école cognitiviste affirme que c’est la pensée qui déclenche l’émotion. Il apparaît que selon les situations, c’est l’un ou l’autre. Toutefois, ce qui est incontestable, c’est que toutes les émotions à propos du passé sont provoquées par la pensée et ses interprétations. Tout en reconnaissant que sur le plan psychologique, il est sain de ressentir les émotions, aussi bien, les émotions négatives que les émotions positives, il faut admettre que quand celles-ci nous dictent nos pensées, nos paroles, nos comportements, il est peut-être temps de consulter un spécialiste notamment un Psychologue. Dans ce sens, elles sont alors devenues toxiques et l’individu impuissant à les ressentir librement car ces émotions commandent désormais son corps.

Par ailleurs, la Psychologie Positive se fonde sur l’espoir et l’optimisme pour faire face aux événements traumatisants de la vie. Elle postule que nous avons en nous des ressources internes que nous pouvons mobiliser pour obtenir une meilleure résistance à la dépression, une meilleure performance au travail, une meilleure résilience face aux situations tragiques ou face à la maladie physique (M. E. P. Seligman, 2002). Dans cette optique, la Psychologie Positive insiste sur l’exploration, l’exploitation et le développement des qualités et des ressources des êtres humains. Elle considère ces derniers comme des agents auto-initiateurs de changement dans leur vie. C’est A. Bandura (1977) qui a introduit le terme d’auto-efficacité en Psychologie. L’objectif des théories d’auto-efficacité est de fournir les compétences nécessaires pour aider le développement de l’habileté chez les individus, de façon à ce qu’ils puissent choisir et atteindre les objectifs d’une vie désirée ou alors renforcer la résilience face au traumatisme.

Selon A. Bandura (1997), le postulat de la théorie d’auto-efficacité est que « les gens croient en leurs capacités à produire des effets désirés par leurs propres actions ». Il définit le sentiment d’auto-efficacité comme la confiance qu’un individu a en sa capacité à organiser et réaliser les actions nécessaires à l’accomplissement d’une tâche. Pour cet auteur, la perception qu’a un individu par rapport à ses capacités à exécuter une activité influence et détermine largement son mode de pensée, son niveau de motivation et son comportement. Ainsi, la manière et les moyens utilisés par un individu pour accomplir une tâche dépendent de la façon dont il se sent capable de le réaliser. L’auto-efficacité n’est pas un trait de caractère, il est donc possible de l’alimenter et c’est ce sur quoi se fonde en partie la Psychologie Positive.

En définitive, la Psychologie Positive constitue une véritable alternative thérapeutique. Pour cela, elle se fonde sur des concepts comme l’optimisme, l’espoir, le courage, la résilience, la gratitude, la créativité, les émotions positives, l’humour etc. (J. E. Maddux, 1999) et pourrait également s’appuyer sur des disciplines comme la Sophrologie, l’Ontologie ou la Psychologie des profondeurs de C. G. Jung (1961).

Dr. Jean Romuald SIBY

Enseignant – Chercheur

Psychologue Clinicien

Université Omar Bongo – Centre de Recherches et d’Etudes en Psychologie (UOB-CREP)

 

 

 

 

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