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Editorial | La presse au Gabon; quelle alternative ?

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La presse au Gabon : quelle alternative ? © D.R
Depuis quelques années déjà, la presse papier, pour ne pas la citer, traverse des turbulences économiques et financières sans précédent. L’avènement d’Internet avec la presse en ligne et les PDF des journaux qui circulent dans plusieurs forums WhatsApp et autres réseaux sociaux, ont contribué à la mort de la presse papier, dont les revenus issus de la vente au numéro constituait un matelas financier non négligeable.
Et si sur le plan éditorial, un journal ne caresse pas dans le sens du poil, les ennemis de la contradiction échafaudent des plans cyniques pour mettre, une bonne fois pour toute, cette presse qualifiée de “presse de l’opposition” à l’article de la mort.
C’est un euphémisme, près de 33 ans après le retour du pluralisme d’opinions, le Gabon a fait un grand bon en arrière sur ce plan.  Où chaque année, les journaux mettent la clé sous le paillasson les uns après les autres. Certes, les journalistes ne sont pas en prison, mais la situation catastrophique dans laquelle vivent actuellement les médias, notamment privés, est pire que la prison.
Pourtant, le Gabon avait fait le choix de la démocratie, donc du pluralisme d’opinions et son corollaire. Mais vu sur le terrain, il semble que cette acceptation ne reposait sur aucune volonté politique. Une véritable parodie. Résultat, le Gabon est toujours parmi les mauvais élèves, mal classé, dans le classement annuel de Reporters sans frontières.
La seule subvention publique accordée après des journées de réflexions initiées par les patrons de presse privée, en 2000, et accordée par Omar Bongo,  initialement fixée à 500 millions, est réduite aujourd’hui à 127 millions. Preuve palpable que les ennemis de la presse continuent leur travail de sape. Et le fameux fonds de développement de la presse initié depuis 2005 demeure une vue de l’esprit. Sans publicité, la presse gabonaise va mal.
Mais dans un monde où tout est imprévisible, les mêmes détracteurs de cette presse, une fois éjectés de leurs juteux postes deviennent des parias des médias publics qu’ils croyaient maîtriser, et finissent toujours pas raser les murs de la “mauvaise” presse qu’ils pourfendaient au moment de leur gloire.
On connaît ces anciens premiers ministres, ministres et autres anciens “puissants” à la gomme, parce qu’ils n’ont de plus accès à la “bonne” presse, n’ont que la “mauvaise” presse qu’ils matraquaient quand ils étaient aux affaires, pour s’exprimer.
C’est aux patrons de presse et aux professionnels des médias de trouver des mécanismes et continuer des plaidoyers, afin de relever les grands défis qui font face à la presse gabonaise. Pour que le secteur soit viable, rentable et suscite encore des vocations.
Jean Yves Ntoutoume 
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